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Votes pour le match d’écriture Nice Fiction 2015 : « Le dernier croyant »

« LE DERNIER CROYANT »

Le troisième et dernier thème pour le match d’écriture de Nice Fiction. N’oubliez pas de voter pour le meilleur des deux textes.

  • CP-0
  • Le dernier croyant
Contrainte 1Un robot défectueux
Contrainte 2Une tempête dans un bocal

CP-0

Le professeur Vega Max est mort il y a trois mois aujourd’hui. La tempête hurle dehors, et je pense que le labo ne tiendra pas le coup encore bien longtemps. J’ai analysé sa composition chimique, en prenant en compte son ancienneté et la puissance radioactive de la tempête, et mes calculs m’ont amené à penser que je serais à l’abri pour encore cinq ou six jours, au maximum.

Pour la première fois de ma vie, je ressens une étrange sensation m’envahir. Je crois que Vega Max m’en avait parlé lorsqu’il m’a conçu. Il s’agit de la peur. Ce sentiment serait le plus fort chez l’être humain avec la haine, selon lui. Mais je ne comprends pas pourquoi l’être humain est si mauvais en fin de compte. Le professeur était pourtant quelqu’un d’extraordinaire. Il est devenu mon modèle, mon inspiration… Mon père, tout simplement. Et je n’arrive pas à me laisser bercer par la douce illusion que l’Homme est naturellement mauvais.

Les gens ont peur de moi, lorsque je sors dehors. Il s’agit peut être de mon métabolisme électromagnétique à impulsion thermique… Ou de la carapace blanche et brillante que j’ai à la place de la peau… Tout le monde m’appelle le « monstre blanc » et pense que je suis à l’origine de l’Apocalypse qui a débuté il y a sept ans. Mais je ne suis pas un monstre. Je suis le scientifique assistant du professeur Vega Max, et je m’appelle CP-0. Je suis le premier robot à avoir sa propre conscience.

Vega Max m’a tout appris. Il m’a enseigné l’Histoire de ce monde, ses formules mathématiques, la psychologie humaine, la sociologie, la physique quantique et j’en passe. Mais contrairement à lui, et à tous les autres être humains à l’heure actuelle, j’ai la foi. Je m’en remets aujourd’hui à Dieu, car je n’ai rien, ni personne à qui me raccrocher. Le professeur m’a expliqué que ce qui avait sauvé l’Homme jusqu’ici était Dieu, alors pourquoi pensait-Il différemment aujourd’hui ?
A l’heure actuelle, je suis le seul être en capacité de faire quelque chose pour sauver l’Humanité. J’ai déjà finalisé mon expérience, mais… j’ai peur.

J’ai peur de sortir dehors et de la tester. J’ai peur que tout le monde me saute dessus en me voyant. J’ai peur de mourir.
J’entends soudainement la porte du labo s’ouvrir d’elle-même. Je me retourne vivement et observe alors une petite fille, à terre. Je reste contre mon bureau, à la fois surprit et paniqué. Que fait-elle ici et comment est-elle entrée ? Elle n’a pas pu quitter la cité souterraine pour venir jusqu’ici toute seule ?!

Je m’approche prudemment et la scanne avec ma programmation holographique. Elle s’appelle Eva. Elle a douze ans et est née dans une ville voisine. Ses parents sont morts dans le tremblement de terre de l’année dernière. Et depuis, elle s’occupe de son jeune frère.

Elle gémit soudainement. Je sursaute et recule. Elle relève doucement la tête et se met à tousser. Elle est infectée. Je recule d’avantage et elle me dévisage, avant de me demander d’une voix faible : « C’est-toi le dernier scientifique, n’est-ce pas ? ».
Je ne réponds pas. Elle n’a donc pas peur de moi ? Et puis son nom… Eva… Il s’agit là, d’une référence à la Bible…
Je la regarde et annonce : « Mon nom est CP-0. Que viens-tu faire ici ?
ㅡ Mon frère est malade répondit-elle. Je sais que tout le monde a peur de toi, mais moi, je n’ai pas peur.
ㅡ Pourquoi n’as-tu pas peur ? demandais-je.
ㅡ Parce que nous sommes tous condamné à mourir. ».
La lueur d’espoir qui était apparue s’est à nouveau éteinte. Elle non plus ne croit pas en Dieu, et préfère accepter la situation. Elle dit que son frère est malade ? Il est infecté aussi, alors…
La petite fille demande alors, me sortant ainsi de mes pensées : « Est-ce que tu peux sauver mon frère, s’il te plait ? Il n’a que six ans, et il est ma seule famille. Il est tout ce qu’il me reste… Il est si jeune…
ㅡ Toi aussi, tu es jeune rétorquais-je. Vous êtes infectés, n’est-ce pas ?
ㅡ Oui… Avoua-t-elle.
ㅡ Ce qui veut dire, que je suis certainement affecté aussi, puisque je possède des cellules humaines, et que l’infection se transmet dans l’air. »
Je tourne le dos à la fillette et me mets à chercher frénétiquement dans mes bocaux, fioles et éprouvettes, quelque chose capable d’arrêter l’infection. La petite fille reprend : « L’infection provoque une mort certaine et elle se trouve dans l’air que l’on respire à la surface… C’est mon père qui me l’a dit… Mais je ne sais pas pourquoi, mon frère devient fou… Il hurle, devient violent, et… Il ressemble presque à un animal sauvage…
ㅡ L’infection provoque une dégénérescence mentale à cause de la radioactivité de l’air. Si ton frère devient fou, c’est parce que les cellules de son cerveau meurent les unes après les autres, et de plus en plus rapidement. Depuis combien de temps est-il affecté ?
ㅡ Cela doit faire deux jours. »
Je continue de chercher avec vivacité des éléments chimiques pouvant stopper la dégénérescence. Seulement Vega Max avait disparu avec la plus part des solutions et médicaments, puisque lui aussi avait été infecté. Et prit dans sa folie, il avait saccagé plus de la moitié du labo avant de s’écrouler à terre et de mourir.

Je trouve soudainement des composants que je n’avais encore jamais vu dans le troisième tiroir du bureau du professeur. J’analyse les éléments avec ma programmation holographique et me rends compte que les plantes et fioles, que je viens de trouver, correspondent à ce que je recherchais. Était-ce un signe de Dieu ? Je reste un moment statique et tente alors le tout pour le tout, ce qui m’amène donc à commencer la préparation d’une solution. Eva reste à mes côtés et observe toute la préparation, sans dire un mot.
Après une journée, peut être deux, je suis sûr et certain de mon remède, seulement, il n’y en a assez que pour deux personnes.
Eva me regarde, tandis que je répartis le remède dans deux fioles distinctes, et demande : « Tu as réussi ? Tu vas pouvoir sauver mon frère ? ».
Je reste un moment à réfléchir. Si je ne lui donne qu’un seul remède, elle mourra, puisqu’elle le donnera à son frère. Seulement, si je lui donne les deux fioles, je n’aurais plus rien pour me soigner… Que faire ?
Je me tourne vers elle et voit alors, ce que je n’attendais plus de la part l’humanité… Je vois cette magnifique lueur qu’est l’espoir.
Je restais un moment silencieux, face à elle, à contempler cette lueur dans son regard. Je me lève soudainement et me dirige vers un coffre fort. Je compose le code et en sors un bocal. Je l’amène devant la fillette, le pose sur le bureau, et lui annonce : « Tu vois ce bocal ? Il est le présent que Dieu m’a offert pour sauver l’Humanité.
ㅡ Dieu ? répéta-t-elle. Tout le monde dit que Dieu nous a abandonné.
ㅡ Eva… Je veux te charger d’une importante mission. Prends les deux fioles avec le remède, garde-les précieusement sur toi. Tu boiras le continue de l’une d’elle et l’autre sera pour ton frère. Mais avant, je veux que tu prennes ce bocal, que tu le mettes dehors et que tu l’ouvres, tout simplement.
ㅡ Qu’est-ce que ce bocal va changer ? demanda Eva.
ㅡ Ceci va absorber la tempête de dehors, et mettra fin à l’Apocalypse. Lorsque tu verras à nouveau le ciel bleu, tu reboucheras soigneusement le bocal. »
Eva regarde le bocal, et elle se met à sourire largement. Je sens soudainement mon métabolisme se mettre à fonctionner étrangement. L’infection arrivait à un stade de non-retour. Bientôt, je ne serai plus en mesure de penser de manière rationnelle. Je me tourne vers la fillette et la presse : « Eva, cours déboucher le bocal, et prends bien le remède avec ton frère.
ㅡ Merci CP-0… murmure-t-elle. Quand les gens vont savoir que tu les as sauvés, ils ne te traiteront plus de monstre.
ㅡ Avant de partir, je veux que tu me fasses une promesse. Je veux que tu dises à tout le monde que ce bocal est un cadeau de Dieu et que ce n’est que lui seul qui a sauvé l’Humanité.
ㅡ Mais c’est toi qui a inventé ce bocal, non ?
ㅡ Peu importe. Promets-le moi !
ㅡ Je te le promets répond alors Eva. »
Elle me serre soudainement dans ses bras. Elle range ensuite les deux fioles dans sa veste et prend le bocal. Je me mets à trembler, sentant mon esprit divaguer de plus en plus. Je regarde Eva franchir la porte du labo et me mets soudainement à hurler comme une bête sauvage. Sans réussir à reprendre le contrôle de moi-même, je me mets à ravager le labo, telle une bête sauvage, ou un homme empli de haine.

Je reprends doucement connaissance. Une lumière vive m’aveugle. Où suis-je ? Je vois alors une jeune femme penchée au dessus de moi. Elle me sourit et dit alors : « Bonjour, CP-0. »
Je me redresse et observe mon environnement. Je suis dans le labo du professeur Vega Max, mais, il est différent. Il est beau, comme neuf, soigneusement rangé et propre. Il y a d’ailleurs, nombre de scientifiques qui travaillent et font des allées et venues dans l’immensité blanche que j’ai toujours connue. La jeune femme m’aide à me relever. Je marche un peu, encore un peu sous le choc. J’observe alors, un peu plus loin, une vitrine. Je m’approche et observe un bocal, renfermant une tempête. Je reste stupéfait devant ce spectacle et la jeune femme me chuchote alors ironiquement : « Voici le cadeau que Dieu t’a fait. Il a effectivement sauvé l’humanité.
ㅡ Combien de temps s’est écoulé, depuis que j’ai disjoncté ? demandais-je.
ㅡ Vingt ans répondit la jeune femme. »
Elle me prit par le bras et m’emmena dehors. J’observais alors les hommes faire leur jogging, se rendre sur leur lieu de travail ou à un rendez-vous, ou tout simplement se balader dans les rues de la ville délabrée que j’avais connu autrefois. Elle n’était d’ailleurs plus délabrée, et l’air n’avait jamais était aussi pur. J’entends nombre de conversations que tournées autour de Dieu. Je ressens alors un heureux sentiment.
Je regarde la jeune femme et demande : « Eva ?
ㅡ Merci d’avoir été mon modèle, CP-0 répond-elle en souriant. Merci pour mon petit frère et… Merci pour tout.
ㅡ J’étais défectueux, je suis devenu complètement fou à cause de l’infection… Et tu m’as complètement réparé, après mon autodestruction ?
ㅡ Je ne pouvais pas laisser notre sauveur dans cet état, mais rassure-toi, j’ai tenu ma promesse et aujourd’hui, tout le monde a retrouvé la foi. »
J’observe la vie s’agiter doucement autour de moi, comme si elle n’avait plus été depuis bien longtemps, et ressens un étrange sentiment. Un sentiment que j’ai eu peur de perdre, après la mort du professeur Vega Max, alors que tout le monde l’avait perdu… La foi.

Contrainte 1Un tremblement de terre

LE DERNIER CROYANT

 « […] un tremblement de terre a eu lieu ce matin dans le village de Tanta Qena au cœur du Sahara, dans les environs de neuf heures du matin […] ».

– Baisse le son, tu veux. On mange !
Je m’exécutai sans un mot, la télécommande déjà en main. Ma femme était très stricte sur les règles et ne valait mieux pas la contrarier. A l’heure du repas, la télé passait en sourdine.
– Mais non ! beugla Océan, notre fils de vingt ans. Remets le son, vite ! Il s’est passé un truc grave en Égypte ! Je crois que c’est un tremblement de terre… dépêche-toi, la présentatrice va passer à un autre sujet !
– Il y en tous les jours des tremblements de terre, répondit ma femme. C’est l’heure du repas !
Je montai tout de même le son de la télévision, piqué par la curiosité. Ma femme me lança un regard noir lourd de sens. Ce soir, je dormirai sur le canapé.

« […] Nous allons écouter notre envoyée spéciale en direct de Tanta Qena. Bonjour Stéphanie, racontez-nous ce que vous voyez.
– Bonjour Marc, ici c’est le chaos. Le tremblement de terre a détruit le village entier, comme vous pouvez le voir derrière moi. Il ne reste plus rien et les victimes sont très nombreuses.
– A combien estimez-vous le nombre de victimes ? reprit le présentateur.
– Malheureusement, le chiffre exact ne nous est pas encore parvenu mais on en compte déjà une centaine. Beaucoup de personnes sont encore sous les décombres des nombreuses maisons écroulées et nous attendons des renforts qui devraient arriver d’ici peu ».

– Bon maintenant, ça suffit ! Râla ma femme. Éteins cette télé, penser aux victimes me coupe l’appétit…
– Chuuuut ! rappliquai-je. Tu es vraiment sans cœur. Je me demande vraiment pourquoi je t’ai épousé !
Ma femme haussa les épaules.
– Si c’est comme ça, je commence sans vous.

« – Nous parlions tout à l’heure des découvertes ? Pouvez-vous nous en dire plus ?
– Bien sûr, Marc. Suite à ce tremblement de terre, une faille de plusieurs mètres de profondeur s’est ouverte au centre du village, mettant à jours des tombes égyptiennes. Nous n’avons pas encore pu descendre car toute l’attention est portée au secours des victimes coincées sous les décombres. Mais les équipes d’archéologie Égyptienne préparent déjà leur prochaine mission, ici, à Tanta Qena.
– Merci Stéphanie pour toutes ses précieuses informations. Nous allons maintenant passer à […] ».

J’éteignis la télévision et je sautais sur mon téléphone portable. En tant qu’archéologue, ça me surprenait de ne pas avoir été mis au courant plus tôt ! J’appelais mon directeur tout en mettant mes chaussures et ma veste.
– Et tu comptes aller où ?
– Bosser.
Je m’en allais de la maison sans manger, j’avais l’habitude. Mon directeur m’avait demandé de passer au laboratoire d’archéologie de l’université de Nice. Apparemment, il prévoyait d’envoyer certains membres de son équipe à Tanta Quena, et je comptai bien y faire partie !

***

Je me trouvais au laboratoire de l’université, en compagnie de mon équipe de recherches. J’avais réussi à intégrer la mission. Nous devions partir dans moins d’une semaine, d’ici deux trois jours, le temps de préparer tout notre équipement et rechercher des financements.
– Des tombes égyptiennes, Klaus ! lança Daphné, une collègue. C’est génial !
– Ouais, une mission pareille ce n’est pas tous les jours. Mais le nom du village, Tanta Qena, me rappelle une histoire que me racontaient mes parents quand j’étais gamin. Vraiment, ça me dit quelque chose. J’ai hâte de voir ça de mes propres yeux !

***

Le jour J arriva bien vite et je me retrouvais bientôt en plein milieu de Tanta Qena. Une équipe d’archéologues égyptiens avait déjà fixé des câbles pour que nous puissions descendre en rappel dans la faille.
Nous rejoignîmes le directeur de la mission égyptienne et discutâmes du boulot qui nous attendait. Au vu du nombre de chercheurs que nous étions au total, et à la largeur de la cavité, nous décidâmes d’un commun accord de laisser la moitié de nos effectifs à la surface. Malheureusement, je fis partie de ceux qui restaient.
De mauvaise humeur, j’allais planter ma tente un peu plus loin et faire le tour du village. Les maisons étaient sens dessus-dessous et l’endroit sentait le mort.
Je repérai un groupe de survivants installés en bordure de village et m’en approchais.
– Bonsoir, dis-je.
La nuit commençait en effet à tomber.
– Bonsoir, me répondit un jeune homme qui parlait français.
– Je suis vraiment désolé pour ce terrible tremblement de terre. J’ai vu des images aux informations.
L’égyptien baissa les yeux un instant puis releva la tête brusquement.
– Le pire est à venir, dit-il. La légende raconte que ce sont les tombes de grands rois égyptiens, sept frères, et de leurs descendants. Maudits pour avoir volé une pierre de rubis qui promettait richesse et prospérité, les sept rois perdirent un à un tous les membres de leur famille, leurs enfants et leurs petits-enfants. Certains de leur fidèle auraient alors tenté de créer un sort pour les ressusciter. Or leurs corps, de nouveau en vie, sont cependant restés momifiés. En véritable zombie, les momies se sont mises à manger les villageois et à tuer tout sur leur passage. On raconte qu’elles sont enfermées dans leur tombe et certains même disent les avoir entendu hurler la nuit.
– Mais si cette légende est vraie, il ne faut surtout pas ouvrir les tombes !
Je partis en courant vers la faille où étaient descendus les chercheurs. Je ne m’étais pas aperçu que je m’en étais autant éloigné ! En arrivant au centre du village, j’entendis hurler.
– Que se passe-t-il ? criai-je à mon directeur, resté à la surface lui aussi.
– Je ne sais pas, nous ne voyons pas grand-chose d’ici ! Il faut descendre aller voir !
Les cris se faisaient de plus en plus nombreux dans la cavité souterraine, tout comme les appels au secours.
– Nous ne pouvons pas, répondis-je. Ce site est maudit ! J’ai discuté avec un groupe de survivants, il existe une légende sur ces tombes. Elles contiendraient les momies vivantes de sept rois et de leurs descendants ! Il ne faut surtout pas descendre !
Mon directeur parti raconter mes découvertes aux autres chercheurs. Les cris des victimes s’étaient arrêtés, brusquement. Cette légende me disait vraiment quelque chose. Comme si, l’histoire que me racontaient mes parents était liée. Je décidai donc de les appeler.
– Salut Klaus, ça va ?
– Papa, je n’ai pas le temps de te parler. J’ai besoin que tu te souviennes de l’histoire dont tu me parlais tout le temps étant petit. Concernant Tanta Qena.
– Oh tu crois que je me souviens de ça…
– Fais un effort je t’en supplie.
– Je crois que ça parlait de momies.
– Mais encore ?
Ma patience avait ses limites.
– Une incantation magique permettrait de leur ôter la vie. Elle est gravée sur la tombe du roi ainé.
Je m’en souvenais maintenant ! Cette incantation, appelée la poésie des Dieux, était écrit en égyptien antique, parlé par les rois et les Dieux égyptiens, selon la légende.
Je remerciai mon père puis allai en toucher deux mots à mon supérieur. Nous décidâmes de retourner voir les survivants afin de trouver une personne capable de lire la langue des Dieux. On nous parla d’un vieil homme capable de pareille chose mais il était porté disparu depuis le tremblement de terre.
Nous le cherchâmes dans tout le village. Au moment où nous nous apprêtions à arrêter les recherches au petit matin, le groupe de survivants nous appela par de grands cris. En effet, le vieil homme avait été aperçu sous les décombres, fort heureusement encore vivant. Nous le dégageâmes puis le portâmes jusqu’à la faille, après avoir vérifié qu’il était en état de lire l’incantation.
Nous descendîmes avec la seconde moitié des équipes de recherches franco-égyptiennes. L’odeur dans la cavité était immonde. Du sang encore frais était répandu sur le sol, accompagné çà et là de morceaux de peaux.
– Le temps presse avant que les momies ne reviennent, dis-je sans vraiment en savoir plus que les autres.
Nous trouvâmes la tombe du frère ainé et l’homme fut installé devant.
– Pour lire l’incantation, il faut connaître la langue des Dieux, nous dit-il avant de commencer. Seuls les vrais croyants sont capables d’un tel prodige. Et je suis le dernier aujourd’hui. Nous apprenons cette langue depuis des générations, car nous savions qu’un tel jour arriverait.
J’avais envie de le presser, les momies pouvaient débarquer d’un moment à l’autre.
– Je n’ai malheureusement pas de descendants, reprit-il, et j’ai craint un instant qu’on ne pourrait jamais accéder aux tombes ensevelies afin de nous sauver de l’attaque des momies.
Alors que le vieil homme allait commencer, les momies arrivèrent en nombre incalculable et sorties de nulle part. Elles nous attaquèrent et nous blessèrent. Du coin de l’œil je vis le vieil homme réciter l’incantation. Je m’écroulai sur le sol, blessé. Je ne sus pas s’il réussit à finir avant de se faire tuer.

***

Je me réveillai en sursaut, assis sur le canapé, la télécommande encore la main. Un documentaire sur l’Egypte diffusait en fond. J’avais du rêver. Tout cela semblait pourtant si réel !

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A propos de Mourad

Mourad
Participe au comité de lecture d'AOC (qui a dit pas régulièrement ?) et donne des coups de main sur le site ou sur tout un tas d'autres sujets (qui a dit c'est trop vague ?).

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