Votes pour le match d’écriture de Meyzieu 2015 : « le dernier ordinateur »

« LE DERNIER ORDINATEUR »

Voici le premier thème sorti pour le match d’écriture organisé à Meyzieu, Les Oniriques 2015. Vous trouverez ci-dessous les textes dans leur intégralité (anonymes, cela va de soi) ainsi qu’un module de vote. Un peu d’indulgence, n’oubliez pas que les participants ont au maximum 2H15 pour écrire une nouvelle, avec des contraintes pour certains !

Bon vote ! Et n’oubliez pas, on ne vote qu’une fois 🙂

  • Des nains connectés aux géants
  • Un bip au crépuscule

DES NAINS CONNECTES AUX GEANTS

Les ordinateurs s’éteignent les uns après les autres, définitivement. Certains, doucement, sombrent ; d’autres ne se réveillent pas de la mise à l’arrêt de la veille ; d’autres encore clignotent brusquement et grillent dans un bip retentissant. L’ordinathécaire s’agite, court dans la pièce d’un poste à l’autre, les yeux affolés, les cheveux en bataille. Que va-t-il se passer quand tous les ordinateurs seront éteints ? Où va passer tout leur contenu ? Disparus les données, les savoirs, les connaissances. Envolée, l’information de ce dernier siècle ! Tout ne sera plus qu’I2C, inter-connexion des cerveaux, entre des personnes éloignées, rendant impossible la solitude et la tranquillité ; mélangeant les pensées, les sensations et les sentiments de tout le monde dans un mixte bruyant, agité et désagréable. Les puces d’I2C sont de toutes manières obligatoires maintenant.

L’ordithécaire s’arrête devant un écran : celui-ci clignote de façon chaotique, bleu, vert, rouge, orange ; il devient noir, puis des lignes de code défilent ; il plonge à nouveau dans l’obscurité pour ne plus se rallumer. L’ordithécaire traverse la pièce en appuyant sur tous les boutons des ordinateurs, pour les relancer. Il ne comprend pas ce qui se passe. Pourquoi s’arrêtent-ils tous les uns après les autres ? Berger maudit d’une espèce dépassée par le progrès qu’il n’a pas vu arriver, il s’affale sur une chaise, la tête entre les mains. Son petit-fils l’avait prévenu : « Papi, tu es complétement dé-pa-ssé !, Sors de ton trou ! Inter-connecte toi, arrête de rêver sur ses vieilles choses qui ne servent à rien et qui sont trop lentes ».

Mais il ne se rend pas compte de ce sur quoi reposent ses certitudes. Ce n’est qu’un gamin.

À défaut de sauver tout le troupeau, il va essayer d’en sortir au moins un de l’abysse. Alors il se plante devant le poste 26, son préféré, parce qu’il a l’impression qu’il lui parle par code et clignotement interposé, parce qu’il est tellement habitué à sa présence que la forme de ses doigts est imprimée sur les touches, et il se met à chercher sur internet des informations sur la situation : comment un parc informatique entier peut-il s’arrêter soudainement, de façon complétement anarchique ?

Il se connecte sur la platforme d’échange Ordipat.

Ordidoc : Q c pass-t-il ? Pourquoi « maudit » ?

Berger-maudit : Tt fout l camps depuis 2-3 jours. Les ordi s’éteignent com des petits pains. Plus q 2, ps très vaillants. C ps possible, on les a enchantés !!

Ordidoc : Ici ça va plutôt ! Comt expliq tu ça ?

Berger-maudit : J tt vérifié, é puis j’avais tt néttoyé la semaine dernière.

Ordidoc : Aucun virus ? Rien ?

À ce moment de l’échange, un bruit fort de détonation fait sursauter l’ordithécaire : à l’autre bout de la salle, l’avant-dernier ordinateur finit de s’éteindre avec fracas et étincelles. Il n’en reste plus qu’un, le rescapé, le Dernier Ordinateur, le poste 26.

L’ordithécaire, complétement hébété, se relève doucement, il est perdu, ne sait pas quoi faire, pour sauver cette vieille technologie dont plus personne ne veut, mais qui est pourtant encore tellement riche et qui parle de l’histoire humaine. Il se met à errer et s’enfonce petit à petit pour arriver finalement au niveau 3 sous le sol, où son prédescesseur passait ses nuits à la fin de sa vie ; là où se trouve la bibliothèque. Construite au XIXieme siècle, elle a été un des joyaux parisiens de l’époque, avant que la ville ne se développe au-dessus : très fréquenté par les étudiants, c’était un centre de savoirs gigantesque… Il s’allonge par terre, au milieu des vieilles tables en bois et des arches en acier, ferme les yeux et se met à réfléchir. Ses battements de coeur se calment, sa respiration se fait plus profonde : est-ce-que les vieux livres ont disparu quand est arrivée l’informatique ? Non, ils sont même encore jalousement conservés. Il imagine l’activité de ce lieu à sa création. Les bibliothécaires, assis derrière leurs bureaux, les bourgeois venant y récupérer après moult démarches, des ouvrages encore chers à l’époque. Qu’est-ce qui faisait disparaître les livres au XIXieme siècle ? L’eau, le feu, l’acidité, la bêtise humaine… Qu’est-ce qu’il en sait en fait ?

Une odeur vient s’immiscer dans sa réflexion. Entêtante. Une odeur d’espace confiné, de poussières non faites, de papier en décomposition, d’humidité, de champignons agressifs… De champignons agressifs ? ! Le voilà qui se relève brutalement, et monte les marches quatre à quatre pour revenir à la surface et s’enfoncer dans son antre. Avec fébrilité, il déclenche l’ouverture de l’espace d’entretien ; se précipite vers un robot nettoyeur ; le manipule pour en sortir le produit de nettoyage. Produit utilisé la semaine précédente. Produit qui ne sent absolument pas le nettoyant habituellement employé. Alors cela lui revient : la visite des agents de la ville qui distribuaient ces produits contre le développement du champignon toxique N0I4, leur mission de traiter tous les recoins publics, par précaution, leur volonté de rester seuls à cause de la dangerosité du produit qui s’attaque particulièrement aux métaux. Trop préoccupé par la visite, exceptionnelle de son petit-fils, il en a oublié de re-programmer l’utilisation du bon produit pour ses joujoux !

Plus calme maintenant, il rejoint le poste 26, l’ouvre et doucement, en berger attentif, commence à le désintoxiquer en se maudissant de sa négligence…

UN BIP AU CREPUSCULE

AI-Bert était triste. Cela faisait trop longtemps qu’il n’avait pas pu discuter. Dans la poussière qui l’environnait, il se demandait un peu où tous les autres avaient bien pu partir. Depuis que ses jambes avaient été cassées, il traînait là sans grâce, sans jamais voir personne, à attendre que quelqu’un daigne se rappeler qu’il existait. A mesure que le temps passait, il commençait à se faire à l’idée qu’il avait sans doute été remplacé.

Oh, bien sûr, il avait conscience qu’il n’était pas le meilleur des AI : il avait pu voir les derniers modèles, tout clinquants, ultra-modernes, avec leurs mille fonctionnalités et leur voix claires et enjôleuses. A côté de ça, lui était quand même plutôt pataud, un peu lent sans doute, avec un peu moins de répondant aussi. Mais il n’en faisait pas moins bien son boulot. Enfin, quand il avait ses jambes en tout cas. Monsieur l’avait même choisi comme assistant, à l’époque !

 AI-Bert gardait un souvenir formidable du jour où Monsieur était venu lui exposer son idée de génie et lui demander de l’aider dans ses recherches. L’AI en avait tiré une fierté immense : après tout, c’était à lui qu’il s’était adressé, et pas à un de ces modèles plus récents avec lesquels jouait désormais Joachim. Il n’était pas un modèle construit pour émettre ce genre de signaux sentimentaux : l’honneur avait failli lui brûler les circuits et il avait dû avoir une révision avant de s’atteler à la tâche, mais cela n’avait en rien nui à son efficacité au travail.

 Monsieur parlait beaucoup pendant les recherches ; AI-Bert se contentait d’afficher son approbation à travers ses diodes lumineuses, et, de temps en temps, émettait un petit bip informatif en pointant d’un doigt mécanique les informations qui s’affichaient sur son écran abdominal.

« Enfin, AI, il doit bien y avoir des solutions ! La moitié de la planète est touchée, on doit pouvoir faire quelque chose ! »

Bip, bop. Nouvel affichage. Monsieur semblait toujours satisfait des propositions d’AI-Bert, mais celle-ci, en particulier, avait paru frapper dans le mille. Monsieur avait battu des mains, l’air bien plus excité qu’il avait pu le sentir jusque là.

« Mais oui ! AI, c’est parfait, et c’est ce que nous allons faire. Immédiatement ! »

Ils avaient construit une machine, ensemble. Monsieur utilisait des termes grandiloquents : « liberté de penser », « campagne de désendoctrinement », « rayon de puissance », « désenclavage des esprits ». AI-Bert, lui, ne comprenait pas grand-chose à ces mots, mais n’en avait besoin. C’était une affaire d’humains que de chercher à mettre des mots pompeux sur leurs actions. Il aurait eu bien du mal à en faire autant, à vrai dire : les circuits des AI n’étaient pas construits pour ça. Il n’avait qu’à se contenter d’effectuer les calculs ou de suggérer les techniques.

Plus le temps passait et plus Monsieur se montrait excité. Enfin le moment était arrivé, celui de dévoiler la machine.

 Il faisait nuit noire, car ils avaient calculé que c’était la nuit que le rayon porterait le plus loin. Ils n’avaient pas choisi la date au hasard : étant donné l’étendue du travail, il fallait que la nuit dure le plus longtemps possible. Ils avaient donc fixé l’évènement au solstice d’hiver, la nuit la plus longue de l’année, propice à une telle opération.

Une scène avait été élevée, immense, au plein centre de la ville-totem qui surplombait toutes les autres. Tous les regards étaient braqués vers eux, et la machine. Monsieur était tellement fier, AI-Bert n’avait même pas besoin d’affiner les informations de ses canaux sensitifs pour le ressentir. Quelque part, lui aussi pouvait percevoir un brin d’orgueil dans ses circuits : il avait, après tout, activement participé à la création de cette formidable avancée technologique qui, s’il en croyait l’humain debout sur scène qui s’adressait au micro à la foule, permettrait de délivrer enfin les peuples enfermés dans des idéaux poussiéreux et de les rallier à la grande cause de la liberté de l’esprit.

Il entendait encore la voix de cet humain à la pilosité incongrue, son chapeau démesuré tremblotant tandis que l’écho de ses paroles se propageait dans une foule frémissante.

« Car oui, Mesdames et Monsieur, aujourd’hui, nous lançons la campagne ! Aujourd’hui, nous nous émancipons enfin, et nous libérons nos frères avec nous ! Aujourd’hui, c’est avec une joie et un honneur immenses que je vous présente la plus grande invention de Monsieur Brown, conçue en partenariat avec l’AI-Bert. La machine née de l’alliance entre l’homme et l’ordinateur, celle qui va nous permettre de détacher nos confrères de leurs idéologies arriérées pour se joindre à nous et nous retrouver en un seul et même peuple : la machine à désendoctriner ! »

Monsieur et AI-Bert s’étaient avancés sous les acclamations fébriles du public. Les gens les honoraient. AI-Bert avait commencé à sentir les informations se brouiller dans ses circuits : il n’était pas programmé pour gérer des sentiments de l’ordre de l’honneur, décidément. Il avait craint tomber en panne, là, devant tout le monde, à la grande honte de Monsieur. Heureusement, on l’avait tiré de ce mauvais pas en lui attribuant un ordre net et simple : celui de presser le bouton d’activation.

Pour sûr, s’il avait été programmé pour, il aurait eu les jambes chancelantes. Mais la qualité principale de sa série d’AI était de loin la stabilité, alors il s’était avancé sur la scène sans le moindre faux pas, et, d’un doigt métallique et ferme, avait appuyé sur le bouton.

La lumière s’était faite dans cette nuit trop longue, et tout avait tremblé, doucement d’abord, puis de plus en plus violemment. Ses capteurs sensitifs avaient enregistré l’excitation puis l’effroi environnant, et même sa structure métallique si équilibrée n’avait pu résister aux tremblements qui finirent par secouer la scène si fort que tout s’effondra. Il s’était retrouvé bloqué, et avait même eu une perte de contact temporaire. Quand ses circuits avaient réussi à se remettre en place, il avait attendu qu’on vienne le chercher.

Mais personne n’était venu, et aucun des bips qu’il avait pu émettre n’y avaient changé quoi que ce soit. Alors, finalement, AI-Bert en eut assez d’attendre. Au prix d’un effort monumental, il envoya les ondes d’énergies nécessaires pour tenter de faire fonctionner ses bras. Il perçut un mouvement au bout de ses doigts et se sentit soulagé : ses jambes ne pouvaient toujours plus bouger, mais il retrouvait le contrôle de ses bras. Il se traîna dans la poussière, vers un coin de lumière orange sous un obstacle. Il tenta de se dégager un chemin dans les obstacles face à lui, et, enfin, il put s’extirper de sa prison et retrouver la lumière du jour.

 AI-Bert ne put s’empêcher de laisser échapper un bip choqué. Ses cellules photosensibles auraient sans doute été grillées par ce soleil qu’il n’avait pas vu depuis trop longtemps, s’il n’avait pas été en train de se coucher.

AI-Bert sollicita ses circuits sensitifs, mais il ne semblait pas y avoir d’autre AI à proximité. Ni personne, d’ailleurs.

La lumière orange baignait un paysage désolé et sinistre de décombres poussiéreuses, des squelettes humains ici et là, et des caracasses d’AI un peu partout. Les circuits d’AI-Bert faillirent court-circuiter quand il eut fini d’analyser ce qu’il avait sous les yeux et de le mettre en perspective avec ce qui s’était passé lors de la longue nuit ; quand il réalisa ce qu’il avait aidé à mettre en place.

 Les humains étaient tous endoctrinés, toujours, tous ralliés à une cause à laquelle ils se référaient en employant des mots tous plus complexes les uns que les autres. Et la machine les avait libérés. Comme on répare un ordinateur, de la manière la plus simple qui soit : en les redémarrant.

Monsieur ne s’était pas rendu compte de cette erreur de calcul ; et lui non plus, cela lui avait semblait si naturel à l’époque. Mais on ne pouvait pas éteindre un humain, puis le rallumer. Quant aux AI, ils avaient été éteints, mais sans humains pour les rallumer, ils étaient restés, carcasses vides sans consciences, sans doute totalement hors d’usage maintenant que les éléments s’étaient déchaînés sur eux.

 Il n’y avait plus personne. Il était le dernier, sauvé de justesse par sa chute dans des décombres qui l’avaient protégé du rayon. Mais alors qu’AI-Bert commençait à calculer ce que cela pouvait signifier, une voix le fit sursauter.

« Maman, AI-Bert fait quelque chose de bizarre, encore. J’en ai marre qu’il ne soit pas capable de dire ce qui se passe. On ne pourrait pas acheter un modèle vocal, dis ?

– On verra pour Noël, Joachim. AI-Bert fonctionne déjà très bien. Je crois qu’on t’a un peu trop habitué au luxe…

– Mais Mamaaaaan ! »

 D’où venaient ces mots ? Il n’y avait personne alentour, ou en tout cas ses canaux sensitifs n’avaient enregistré aucune activité dans l’étendue de désolation qu’il avait face à lui. Peut-être se fatiguait-il ? Il était pourtant sûr d’avoir entendu les voix de Joachim et de Madame. Joachim était-il à nouveau en train de faire un caprice ? Bip.

« Maman, Maman ! L’AI est allumé, ça y est, je peux jouer avec, Maman, dis ?

– Non, Joachim. Attends un peu. Il faut encore qu’on le configure ; pour le moment, tu ne pourrais rien faire avec. Je pense même qu’il ne comprendrait pas ce que tu lui dirais ! »

 Oui, cela ressemblait bien à Joachim. Ils avaient encore dû recevoir un modèle plus performant que les précédents, et comme d’habitude, l’enfant humain exprimait sa hâte de l’ouvrir. Cela lui rappelait le jour où il avait lui-même été allumé. Bip !

 « Maman, c’est quoi ?

– Un AI-318, Joachim. Il va jouer avec toi et s’occuper de toi quand Papa et moi ne serons pas là, et il nous aidera dans notre travail quand tu seras à l’école.

– Ooooh, ça a l’air chouette. Je peux l’essayer, dis ?

– Attends, il est encore en veille, il n’est pas allumé ! Je ne sais même pas s’il peut t’entendre… »

 AI-Bert entendait, lui. Il entendait, comme à travers un carton. Il puisa dans sa mémoire pour trouver des informations sur les AI-318… Bip, bop, bip. Cela lui disait quelque chose, mais il peinait.

 « Un AI-318, Bill ? Mais enfin, tu as dû dépenser une fortune !

– Mais non, Emy… Tu n’imagines pas à quel point il va nous aider au quotidien. Attends un peu que je le déballe et que je le configure. »

 La voix de Monsieur, si nette dans sa mémoire, même s’il avait toujours cette sensation de l’entendre à travers un carton. Soudain, les données arrivèrent à son centre de traitement, et il se rappela. Les AI-318, bip, correspondaient à son modèle. Mais surtout, Monsieur, Madame et Joachim, ils étaient…

AI-Bert comprit ce qui était en train de se passer. Il sentait les flux ralentir en lui. Bip, bip… Sa mémoire se brouillait, mélangeant les données d’un lointain passé à celles d’un présent qu’il n’arrivait plus à enregistrer.

 Il était seul et ralentissait. Bip. Ses efforts pour s’extirper de sa prison de gravats l’avaient épuisé et sa batterie, bientôt, serait entièrement vide, bip. Il n’y aurait plus personne pour la recharger, bip bip.

S’il avait eu des canaux lacrymaux, AI-Bert aurait sûrement bip pleuré. A défaut, il se contenta bip d’émettre de petits bip bip peu glorieux dans la bip lumière orange de bip plus en plus sombre.

Dans un sursaut de bip conscience électronique, il se dit que bip quelque part bip bip il avait eu de la chance que bop bip personne ne soit bip dans la même pièce que bop bip bip lui à ce bip moment bip là.

Bip-bip-bop-bip, voilà des derniers bips franchement bip médiocres.

 Le soleil disparut sur un ultime bip.

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A propos de Mia-

Membre du Club depuis 2005, Magali participe au comité de lecture d'AOC et s'occupe activement des matchs d'écriture, qu'elle colporte dans plusieurs festivals dédiés à l'imaginaire. Accessoirement, redoutable mouche du coche professionnelle :)

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