« Quai des Âmes » de Dominique Rocher

Quai des Âmes est un recueil de trois novelas mettant en jeu des endroits et des protagonistes similaires. Le premier texte, qui donne son titre au livre, montre la vie quotidienne d’un hôpital psychiatrique à une époque indéterminée. Mais les apparences ne sont-elles pas trompeuses ?

Dans Ned, un chirurgien découvre qu’il est d’ascendance extraterrestre, alors même qu’un drame frappe sa famille et que l’hôpital où il travaille est le lieu d’un sombre trafic. Olga reprend à la fois l’un des personnages de Ned et le décor du premier texte. Infirmière nouvellement mutée dans un hôpital psychiatrique, la rousse Olga est confrontée à des événements étranges. Pourquoi prétend-on que l’employée qu’elle remplace a été assassinée ?

J’annonce la couleur : j’ai détesté ce livre de la première à la dernière page. L’auteure tente de créer une ambiance lourde et malsaine, mais n’est pas David Lynch qui veut. Au lieu de créer un sentiment de malaise et d’angoisse, elle ne parvient qu’à installer un ennui profond. L’écriture offre parfois de belles pages, mais elle est le plus souvent maladroite. Les dialogues, pompeux et confus au point qu’il est souvent impossible de savoir qui parle, sont particulièrement ratés. C’est d’autant plus gênant qu’ils occupent presque la moitié du texte de deux des novelas.

Des trois textes, seul Ned a une intrigue identifiable et qui ne se résume pas à une succession de scènes supposées métaphoriques sombrant malgré elles dans le ridicule involontaire. Hélas, la trame narrative est aussi confuse que le reste du livre au point que l’auteure doit fournir un chapitre explicatif pour éclairer une histoire qui est loin de couler de source. Quant aux personnages, leurs réactions sont simplement grotesques, pauvres silhouettes sans âme ni consistance, tristement interchangeables.

Le sentiment qui se dégage de l’ensemble est celui d’un immense gâchis. Il aurait suffi d’un style un peu plus maîtrisé, d’un dosage plus subtil des éléments incongrus pour faire de cet ouvrage l’ovni littéraire qu’il a la prétention d’être. Mais malheureusement, il ne nous offre que 300 pages insipides et laborieuses. C’est dommage.

Chronique de Philippe Deniel

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