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« Journal d’un marchand de rêve » d’Anthelme Hauchecorne

Plonger dans un ouvrage d’Anthelme Hauchecorne est toujours une aventure impressionnante : l’auteur fait montre d’une imagination foisonnante, peuplant ses récits de personnages hauts en couleur, de créatures monstrueuses et fascinantes, de péripéties innombrables.

Ce Journal ne fait pas exception à la règle. C’est celui de Walter Krowley, un pathétique raté, accro à la dope, sans guère d’envergure, mais ambitieux. Toutefois, l’histoire de Walter comporte une part d’ombre : il ne vit pas que dans l’Éveil (notre monde), mais rejoint, sitôt qu’il s’endort, l’Ever (le monde des rêves).

L’auteur nous embarque ainsi dans une alternance de moments où rapidement, ce qui se passe dans l’Ever revêt plus d’importance que ce qui se joue dans le « vrai » monde. D’ailleurs, cet univers des rêves se révèle finalement tout aussi réel : on peut y être blessé, souffrir, aimer, et mourir… Walter y fait d’improbables rencontres, du Gouverneur aux Outlaws, des oniromanciens à la Garde de nuit, de la fantasque Spleen à la séduisante Banshee, agaçant souvent au départ par son côté couard et si peu fiable. Petit à petit, toutefois, le personnage évolue, grandit dans ces aventures et l’on finit par se sentir en empathie avec ce raté au bout du compte très humain, capable également de grandeur.

Anthelme Hauchecorne ouvre les portes de son monde au lecteur, et l’embarque dans un voyage incroyable où l’imagination n’a pas de limites. Tellement d’ailleurs que l’on se surprend à espérer un autre tome pour explorer plus avant certains des aspects de cet univers (les Ça en particulier). La construction de ce roman à suspense tient en haleine, et s’il faut parfois s’accrocher un peu pour saisir tous les éléments et les liens qui se sont tissés entre eux, l’ensemble prend sens. La fin, à la tonalité douce-amère, est particulièrement réussie, laissant au lecteur comme un peu de poussière de rêve au cœur…

Journal d’un marchand de rêve
Anthelme Hauchecorne

Éditions L’atelier Mosesu / Pepper – octobre 2016
550 pages –  19 euros

A propos de Syl

Syl
Fervente adepte des cultures de l'imaginaire (et des autres), curieuse de tout (et du reste), boulimique du verbe (qui a dit, mais pas que ?), enfin et accessoirement présidente du concours Visions du Futur (pots de vin acceptés).

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