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« Champions de Tomanãk » de David Weber

championsdetomanak_davidweberDe l’heroic fantasy ! Chic, on va avoir son content de tripes et de boyaux répandus… du moins c’est ce que le lecteur croit naïvement en choisissant ce roman pour ses couvertures alléchantes. En fait, Champions de Tomanãk fait suite au Serment de l’épée, où Brandark et Bahzel, deux Hradanis (appartenant à une race d’hommes de grande taille aux oreilles pointues), se rebellent contre l’autorité d’un de leurs seigneurs, et où Bahzel est choisi par Tomanãk, le (gentil) dieu de la guerre, comme l’un de ses champions. Chose incroyable, car aucun Hradani – race maudite et méprisée par toutes les autres – n’a jamais connu cet honneur…

Au début du roman, les deux compères arrivent dans l’empire humain de la Hache, en quête d’alliés en la personne des membres locaux de l’ordre de Tomanãk. Évidemment ils se heurtent aux préjugés et au scepticisme de leurs hôtes, et il faut à Bahzel faire étalage de sa force pour gagner enfin respect et considération. Les deux compères entreprennent ensuite de retourner en terre Hradanie avec la ferme intention d’aider le peuple de Brandark à se débarrasser du seigneur qui les tyrannise, accompagnés notamment de Vaijon, jeune écuyer de l’ordre, et rejoints en cours de route par Kaeritha, jeune femme elle aussi Championne de Tomanãk…

Contrairement à ce que l’on peut croire à la lecture du synopsis, on s’ennuie profondément pendant les deux premiers tiers du roman ; les problèmes relationnels sont mentionnés plutôt que réellement vécus, la narration est hachée par beaucoup d’explications inutiles sur l’histoire et la politique et de poncifs sur la tolérance. De plus, les péripéties sont peu nombreuses et ne font pas avancer l’intrigue principale dont on a beaucoup de mal à saisir les enjeux.

Au tiers du second tome, le roman semble enfin démarrer avec une expédition des champions de Tomanãk contre les adeptes Hradanis du dieu malfaisant Sharna… mais le souffle épique qui point retombe comme un soufflé. Le roman paraît terminé une grosse centaine de pages avant la fin et il faut l’intervention « providentielle » d’un nouveau « méchant » débarqué de nulle part pour relancer un semblant d’intérêt. Vous l’aurez compris, Champions de Tomanãk sent à plein nez la commande éditoriale avec un auteur dénué d’idées qui essaie sans grande conviction de fournir le nombre de mots demandé.

Le style ne fait pas grand-chose pour rehausser l’intérêt, mais il ne serait que quelconque si le traducteur n’avait décidé de faire la grève du zèle ; une grosse partie des phrases sont bancales, des mots sont utilisés à la place d’autres, des mots appartenant à plusieurs niveaux de langue – familiers, soutenus, archaïques – sont mélangés sans vergogne… Ajoutons à cela de nombreuses fautes tant orthographiques que de typographie, et l’on obtient une publication indigne des Éditions de L’Atalante, qui nous avait habitués depuis des décennies à une qualité de relecture tout à fait convenable.

En un mot comme en cent, publier un roman contenant autant de coquilles est une erreur éditoriale. Mis à part pour rire des nombreuses maladresses aberrantes que l’on peut trouver un peu partout, je ne vois aucun intérêt à investir dans ces deux tomes. Pour découvrir l’auteur, mieux vaut se tourner plutôt vers sa série sur Honor Harrington, chez le même éditeur.


ÉditeurL’Atalante
AuteurDavid Weber
PagesTome 1 : 330 pagesTome 2 : 320 pages
Prix16,15€ chacun

 

Nous en pensons ...

Notre avis

2.3

Je ne vois aucun intérêt à investir dans ces deux tomes. Pour découvrir l’auteur, mieux vaut se tourner plutôt vers sa série sur Honor Harrington, chez le même éditeur.

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A propos de Olive

Olive
Pilier du Club, Olivier fait partie des anciens et continue à faire vivre AOC, le recueil de nouvelles trimestriel, dont il est le maquettiste et rédacteur en chef. A l'occasion, Olivier publie aussi des nouvelles, participe aux salons, à d'autres revues, rédige des articles dans PdE, gère le site Internet, etc. Dans le milieu, on le surnomme le Shiva de l'imaginaire !

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