« Tellucidar – tomes 1 & 2 » de Jean-Luc Marcastel

Lucas est un ado qui vit avec la terrible obsession de retrouver son père, disparu 16 années auparavant, alors qu’il explorait les terres de la Tellcorp, société exploitant le tellurium, source d’énergie formidable et non polluante. Mickaël Kirov, le terrible chef de la sécurité de la Tellcorp ramène une nouvelle et dernière fois le jeune garçon chez son oncle Patrick.

L’amitié de Lucas et de Charles, le fils de Kirov, ne suffira plus pour arrêter des poursuites plus graves. Lucas ne doit plus jamais entrer dans l’enceinte de la Tellcorp. Il doit abandonner ses rêves de retrouver son père hélas décédé. Il doit revenir à ses études et sortir de ses jeux irréalistes.

Mais voilà qu’un soir, le vieil ordinateur familial laisse apparaître un message de son père proposant un rendez-vous nocturne. Sous la lune, au milieu du stade municipal, Lucas voit surgir un engin perforateur, une courtilière, des entrailles de la terre. Une superbe jeune femme s’en extirpe et le cœur de Lucas ne fait qu’un tour. Elle lui révèle être Korè princesse de Panshir, un des royaumes de Tellucidar, le monde occupant l’intérieur de la Terre.

Pour preuve, l’être qui l’a accompagnée et qui les rejoint : Kshaann, un Cohuatli, sorte de petit dinosaure à deux pattes, de taille humaine, qui rappellerait pour peu C3PO ! Ils sont venus chercher un grand guerrier, celui que Lucas prend pour un féru de livres et de DVD, dont le seul sport est de s’enfermer dans sa salle de muscu : son oncle Patrick !

Jean-Luc Marcastel profite de l’imagination d’Edgar Rice Burroughs pour remettre à sa sauce « Pellucidar ». Le pari est un peu audacieux, même s’il est dans l’air du temps. Le nombre de films, téléfilms et séries s’inspirant de tous ces Mondes Perdus et autres terres inexplorées et cachées pourrait presque en remontrer à Frankenstein (voir PdE n° 88).

Sans manquer d’imagination, ce Tellucidar marche donc sur des platebandes un peu encombrées, mais le fait en toute conscience. De manière très manichéenne, les bons sont toutes celles et tous ceux qui ne font pas partie de la Tellcorp. Sous la houlette du grand méchant Michaël Kirov, cette société exploite les filons de tellurium sans s’inquiéter ni des droits de l’Homme ni de l’avenir de la planète. Les espoirs de réussite de Lucas, Korè, Patrick, Kshaann et Charles semblent aussi irréalistes que le monde lui-même. Cependant, comme chez Burroughs, le réalisme n’est clairement pas de mise ici.

On embarque donc avec joie dans ce monde incroyable où des descendants de dinosaures sont intelligents, où on a littéralement la tête à l’envers. La narration a cependant un peu tendance à s’étirer, les dialogues à expliciter trop longuement, les répétitions de la situation ne faisant qu’alourdir l’ensemble. L’aventure parvient quand même à tenir le rythme et le lecteur profite pleinement de l’exotisme et du gentil propos de tolérance sous-jacent.

Petit bémol plus intrigant, les illustrations crayonnées qui parsèment le texte. Visant de jeunes lecteurs, elles semblent inutiles d’autant qu’elles ne respectent pas le texte ! Il semble s’agir de la vision propre du dessinateur Jean-Matthias Xavier, alors que les couvertures de Philippe Jozelon sont plus fidèles au texte. D’où le questionnement sur ces images, qui fournissent même un petit porte-folio à la fin du tome 1. Au contraire, le petit lexique tellucidarien qui conclut le tome 2 apporte tout un tas d’infos aussi bien historiques qu’inventées bienvenues pour les jeunes (et moins jeunes) lecteurs et lectrices un peu curieu-ses-x !

D’une lecture aisée, sans trop de temps morts, ces romans de Jean-Luc Marcastel parviennent à rendre un hommage sympathique à Burroughs, comme aux dinosaures de Jurrassic Park de Spielberg (le prénom du jeune héros en est bien proche !). Le troisième tome devrait, espérons le, conclure cette agréable aventure et apporter les réponses aux questions encore en suspens sur Tellucidar.

Chronique de Vincent ‘1379’ Delrue

Nous en pensons

Notre avis

3,0

D’une lecture aisée, sans trop de temps morts, ces romans de La narration a un peu tendance à s’étirer, les dialogues à expliciter trop longuement. Malgré cela, ces romans de Jean-Luc Marcastel parviennent à rendre un hommage sympathique à Burroughs. Le troisième tome devrait, espérons le, conclure cette agréable aventure et apporter les réponses aux questions encore en suspens sur Tellucidar.

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A propos de Christian

Christian
L'homme dans la cale, le grand coordinateur, l'homme de l'ombre, le chef d'orchestre, l'inébranlable, l'infatigable, le pilier. Tant d'adjectifs qui se bousculent pour esquisser le portrait de celui dont on retrouve la patte partout au Club. Accessoirement, le maître incontesté du barbecue d'agneau :)

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