« Nous allons tous très bien, merci » de Daryl Gregory

Vous êtes-vous déjà demandé ce qui se passe une fois que l’histoire est terminée. Qu’arrive-t-il au personnage qui en a bavé face aux grand méchants ou face à des créatures venues d’ailleurs ? Il doit avoir de sérieux problèmes psy, non ? Qui s’occupe de ces gens là ?

C’est le postulat et la bonne idée de départ de ce roman.

Des fracassés de la vie qui ont chacun affronté le pire, se retrouvent autour du Dr Sayer pour parler et échanger autour de leurs expériences.

Parmi eux, il y a Harrison, un jeune homme qui, ado, a survécu à l’horreur avant de devenir un personnage de fiction, Barbara qui a subi les atrocités d’un fameux tueur en série qui sculpte les os humains, Stan le manchot, un autre genre de rescapé, Martin le mystérieux qui n’enlève jamais ses lunettes noires et Greta, la rebelle qui porte sur sa peau de terribles stigmates.

Tous vont se découvrir, échanger et s’entraider, non sans quelques tensions. Chacun va dévoiler ses secrets et ainsi prendre le lecteur par surprise.

C’est le second roman de Daniel Gregory qui est traduit en français. Il avait attiré l’œil avisé de feu Wes Craven qui pensait en faire une série télé. À noter que, dans L’Éducation de Stony Mayhall, on retrouve l’un des héros de Nous allons tous très bien merci, il s’agit de Harrison lorsqu’il était ado.

L’auteur a choisi de raconter l’histoire selon le point de vue de chacun des protagonistes, ce qui peut être déroutant mais qui permet de mieux comprendre leurs motivations. C’est un roman court, très court : avec 180 pages, on est pratiquement à l’os. Pas le temps de s’attarder en longues présentations du contexte. Ce qui est fort, c’est qu’il se crée une tension, alors que les « monstres » ne sont pas montrés, ils sont là, en creux, à travers les récits de ces gueules cassées. Les dialogues sont assez percutants et certaines répliques sont cinglantes et pleines d’humour noir.

On s’attache assez vite à cette équipe qui va révéler pas mal de surprises. À la fin, lorsque l’action prend le pas sur la parole, on tourne les pages avec avidité.

C’est un roman bien construit, futé et qui, sans tomber dans le gore, ravira les amateurs d’horreur qui pourront y retrouver des références à Lovecraft, Stephen King entre autres. La fin étant ouverte, il n’est pas impossible qu’une suite arrive un de ces jours, comme le dit l’auteur dans l’entretien qui clôt le livre.

Chronique de Philippe Goaz

Nous en pensons ...

Notre avis

3.7

C’est un roman bien construit, futé et qui, sans tomber dans le gore, ravira les amateurs d’horreur qui pourront y retrouver des références à Lovecraft, Stephen King entre autres. La fin étant ouverte, il n’est pas impossible qu’une suite arrive un de ces jours, comme le dit l’auteur dans l’entretien qui clôt le livre.

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