« La Force du Temps » de Deborah Harknes

Cela commence à notre époque avec Phoebe, une jeune femme amoureuse de Marcus de Clermont, vampire de son état. Afin de profiter durablement  de son amour, Phoebe va subir les différentes étapes lui permettant de réaliser au mieux sa transformation en créature buveuse de sang.

Marcus, quant à lui, provient du XVIIIe siècle et a connu nombre de déboires, tant dans sa vie d’homme que de vampire. L’histoire de Marcus occupe d’ailleurs la majeure partie du livre. On suit ainsi sa fin de vie humaine et ses débuts en tant que vampire.

L’auteure, Deborah Harkness, est professeure d’histoire. Il apparaît évident qu’elle veut profiter de son roman pour tenter d’inculquer à ses lectrices et lecteurs des États-Unis quelques notions sur la constitution de leur pays (en décrivant l’environnement de la vie de Marcus). En conséquence, les événements, et us et coutumes, présentés sont étayés par ses connaissances universitaires. L’ensemble ne manque pas d’imagination et se laisse lire facilement.

D’où provient cependant cette insatisfaction qui en émerge ? Les bons sentiments font trop rarement de la bonne littérature. Ce vieil adage est hélas bien souvent vérifié. Ici, la véracité historique ne pallie pas la (relative) faiblesse de la plume. Si les personnages sont bien campés, cela reste pourtant toujours un peu distant, comme le scientifique face à l’objet de sa recherche.

La tentative d’ajout d’une vie familiale avec les protagonistes de la première trilogie, Diana et Matthew (ils ont des bébés jumeaux, possiblement vampires et sorciers, ce qui n’est pas forcément facile à gérer), semble hélas un peu artificielle. Enfin, et je l’avoue platement, mon idée du vampire reste celle de l’être démoniaque, sanguinaire et nocturne, pour qui le soleil est mortel (superbement illustré au cinéma par John Carpenter dans son Vampire en 1998).

Ici, même s’ils continuent à boire le sang humain, les vampires peuvent se contenter aussi de sang animal, de vin rouge, de petits biscuits et leur morsure n’est pas contaminante (d’où la procédure complexe suivie par Phoebe). Dès lors, cela gomme toute idée d’épouvante normalement associée à ces créatures. En conséquence, nous avons affaire à un univers évoquant des créatures démoniaques gentilles, qui vivent des histoires d’amour, certes contrariées, mais qui, avec le temps, finissent toujours par s’aplanir ou au moins s’apaiser. Les amateurs et amatrices de ce genre, principalement les plus jeunes, y trouveront certainement leur plaisir. Les plus exigeants n’attendront pas le prochain tome avec impatience !

Chronique de Vincent ‘1379’ Delrue 

Nous en pensons

Notre avis

2.0

Ici, même s’ils continuent à boire le sang humain, les vampires peuvent se contenter aussi de sang animal, de vin rouge, de petits biscuits et leur morsure n’est pas contaminante (d’où la procédure complexe suivie par Phoebe). Dès lors, cela gomme toute idée d’épouvante normalement associée à ces créatures. En conséquence, nous avons affaire à un univers évoquant des créatures démoniaques gentilles, qui vivent des histoires d’amour, certes contrariées, mais qui, avec le temps, finissent toujours par s’aplanir ou au moins s’apaiser. Les amateurs et amatrices de ce genre, principalement les plus jeunes, y trouveront certainement leur plaisir. Les plus exigeants n’attendront pas le prochain tome avec impatience !

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A propos de Christian

L'homme dans la cale, le grand coordinateur, l'homme de l'ombre, le chef d'orchestre, l'inébranlable, l'infatigable, le pilier. Tant d'adjectifs qui se bousculent pour esquisser le portrait de celui dont on retrouve la patte partout au Club. Accessoirement, le maître incontesté du barbecue d'agneau :)

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