« Caspak, monde oublié » d’Edgar Rice Burroughs

La plume aventureuse d’Edgar Rice Burroughs continue de briller dans la littérature fantastique. Les Éditions PRNG poursuivent leur réédition des textes « hors Tarzan ». Après Pellucidar, Au cœur de la Terre, voici donc un continent inconnu, oublié des hommes et du temps : Caspak.

Comme à son habitude, Burroughs nous entraîne dans la narration de ses aventures improbables par la découverte d’un carnet de bord aux abords du Groenland. Dans cette nouvelle édition, le cycle caspakien est composé de trois nouvelles : deux dans le premier tome et une dans le second. 

La première nouvelle s’intitule La terre que le temps avait oubliée. C’est au cœur de la Première Guerre mondiale, le 3 juin 1916, que débute l’épopée de Bowen J. Tyler et de son chien Prince. Leur navire est coulé par un sous-marin allemand, construit par la propre société de Tyler ! Ils arrivent cependant à trouver une barque et, surtout, découvrent une jeune naufragée  : Lys La Rue.

Récupérés par un navire, bientôt arraisonné par un sous-marin allemand, nos héros et leur équipage parviennent, non sans mal, à prendre possession du bâtiment ennemi. Dix Américains (dont Bradley, le second, et Olson, le mécanicien) face à neuf prisonniers allemands (dont le commandant, le baron von Schoenvorts, ancien fiancé de Lys) et Lys La Rue elle-même.

Voulant ramener le sous-marin allemand dans un port allié, Tyler et son nouvel équipage ne réussissent pas à rejoindre une côte. De plus, des actes de sabotage mettent leur remorqueur en danger. Voilà que les soupçons pèsent sur Lys. Peu après, les Allemands reprennent le contrôle de la situation, puis les Américains redeviennent maîtres de leur navire grâce à Lys, réhabilitée.

Effectivement, le vrai traître tente de noyer Tyler qui ne doit à nouveau son salut qu’à la vigilance et au courage de Lys. Véritable ancêtre des Aventures d’Indiana Jones (1981, Steven Spielberg), ces aventures caspakiennes, fidèles aux autres histoires imaginées par Burroughs, sont sans temps mort.

L’auteur se permet cependant de faire subir à ses personnages diverses mésaventures avant, enfin, de les faire arriver sur l’île de Caspak, dont les côtes sont des falaises infranchissables. Pourtant, un passage tout juste accessible en sous-marin va leur permettre d’y pénétrer. Immédiatement, le vaisseau se fait attaquer par un monstre et un Allemand est dévoré.

Tombée dans un monde antédiluvien, l’équipe de Tyler comprend bien vite que sa seule chance de survie, en plus d’une chiche réserve de munitions, est de s’unir entre méchants Allemands et gentils Américains. La population humanoïde autochtone s’avère étrangement répartie. Plus on progresse vers le Nord, plus les terres évoluent vers la civilisation.

La première nouvelle se termine alors que Tyler se pense condamné à rester sur Caspak, heureusement en compagnie de Lys. La seconde nouvelle, Le peuple que le temps avait oublié, relate la mission de sauvetage lancée par Tom Billings, secrétaire de la famille Tyler. Parvenu à proximité de Caspak, Billings choisit l’hydravion pour pénétrer plus facilement dans l’île, par-delà ses gigantesques falaises.

Hélas, alors que ses mitrailleuses crépitent, il disparaît aux yeux de ses acolytes restés sur leur bateau, le Toréador. Ici aussi, les aventures s’enchaînent sans répit. Billings se trouve bien vite une alliée « sauvage », Ajor, et découvre en sa compagnie de nouvelles formes de vie. Tout au long de ces deux nouvelles, les héros cherchent à découvrir le secret de cet étrange monde oublié où les êtres humanoïdes évoluent géographiquement vers la civilisation.

On regrette, évidemment, que les moins avancés soient traités de négroïdes. Le colonialisme de l’époque joue encore à plein. De même, la prévention envers les Allemands, devenus ennemis mondiaux. Cependant, les personnages féminins de Lys et Ajor ressortent agréablement de l’univers habituellement machiste de Burroughs.

Ces deux nouvelles ont été adaptées au cinéma par Kevin Connors : en 1975 (Le Sixième Continent) et en 1977 (Le Continent oublié). Il réalisa aussi en 1976 une adaptation de « Pellucidar » (Centre terre, septième continent).

Pleines de bruits et de fureur, de rebondissements, d’un soupçon de colonialisme vite gommé par une bonne volonté évidente de mettre plus en avant les capacités des femmes, tant modernes qu’antiques, ces nouvelles du cycle de « Caspak » font partie de ces plaisirs de lecture qu’il serait bien bête de négliger.

Chronique de Vincent ‘1379’ Delrue

Nous en pensons

Notre avis

3.2

Pleines de bruits et de fureur, de rebondissements, d’un soupçon de colonialisme vite gommé par une bonne volonté évidente de mettre plus en avant les capacités des femmes, tant modernes qu’antiques, ces nouvelles du cycle de « Caspak » font partie de ces plaisirs de lecture qu’il serait bien bête de négliger.

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A propos de Christian

Christian
L'homme dans la cale, le grand coordinateur, l'homme de l'ombre, le chef d'orchestre, l'inébranlable, l'infatigable, le pilier. Tant d'adjectifs qui se bousculent pour esquisser le portrait de celui dont on retrouve la patte partout au Club. Accessoirement, le maître incontesté du barbecue d'agneau :)

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