« Aucun souvenir assez solide » d’Alain Damasio

Bienvenue dans l’univers étendu de la galaxie Damasio ! Dans ce recueil de dix nouvelles, on découvre des récits oniriques, courts, métaphoriques, tous aussi différents qu’ils marquent les esprits.

Au fil des pages et des histoires, on apprécie la complexité des mondes qu’Alain Damasio élabore, on se délecte de ses mots, de ses idées, de cette fine critique sociétale qui tapisse nombre de récits. Le recueil nous embarque un peu plus dans l’intimité de l’auteur, au travers d’écrits éclectiques, où se mêlent poly-narration, comptes rendus de caméras de surveillance ou encore dérive dans les souvenirs.

La première nouvelle nous met dans l’ambiance de l’un des thèmes chers à Damasio  : une société ultra capitaliste où les mots sont un bien de consommation. Les protagonistes altermondialistes tentent de retrouver leur liberté, au travers de jeux verbaux et de textes déclamés au haut-parleur. L’éditeur a joué le jeu : dans So Phare Away, qui nous parle des mots sous forme de signaux visuels, on a un aperçu de ce langage dématérialisé et fuyant, grâce à un jeu sur les typos.

Dans Les Hybres, l’auteur nous parle de la fusion entre un artiste chasseur et son art, remettant en question la création artistique, nous parlant ainsi de la poïétique. El Levir et le livre est une nouvelle indescriptible sur la beauté, la transcendance de l’écriture et de l’Histoire. Puis, vers la fin, petit moment de nostalgie et un retour aux souvenirs pour ceux qui ont déjà lu la Horde du Contrevent : Une stupéfiante Salve d’Escarbilles nous happe de nouveau sur cette planète folle, nous raconte une histoire qui se passe dans le monde venteux du deuxième roman d’Alain Damasio.

Mais n’en disons pas plus. Dans ce recueil, on virevolte tout de suite entre des mots payants qui résonnent dans les airs, puis on est ému par des histoires aux allures de contes, on vibre avec des enfants dématérialisés qui tentent de s’enfuir d’une société avilissante, on slalome entre des thèmes aussi riches que l’anti-totalitarisme, la paternité, l’émancipation, la remise en question politique, les dérives sécuritaires ou encore l’ultra confort. On vogue entre le mot et l’idée, constamment.

Aucun Souvenir assez Solide permet au néophyte de découvrir le style si riche et les thèmes si intelligents chers à Damasio, et (re)plonge de façon délectable l’amateur damasien dans ce bouleversant monde des mots. C’est complet, complexe, chaque nouvelle mérite son temps de pause post-lecture : pour l’idée, l’immersion, la réflexion, ou juste pour le plaisir de rester encore dans ce coffre aux trésors littéraire.

Chronique de Shani ‘1464’ Chevalier

Nous en pensons

Notre avis

4,3

Dans ce recueil, on virevolte tout de suite entre des mots payants qui résonnent dans les airs, puis on est ému par des histoires aux allures de contes, on vibre avec des enfants dématérialisés qui tentent de s’enfuir d’une société avilissante, on slalome entre des thèmes aussi riches que l’anti-totalitarisme, la paternité, l’émancipation, la remise en question politique, les dérives sécuritaires ou encore l’ultra confort. On vogue entre le mot et l’idée, constamment. C’est complet, complexe, chaque nouvelle mérite son temps de pause post-lecture : pour l’idée, l’immersion, la réflexion, ou juste pour le plaisir de rester encore dans ce coffre aux trésors littéraire.

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A propos de Christian

Christian
L'homme dans la cale, le grand coordinateur, l'homme de l'ombre, le chef d'orchestre, l'inébranlable, l'infatigable, le pilier. Tant d'adjectifs qui se bousculent pour esquisser le portrait de celui dont on retrouve la patte partout au Club. Accessoirement, le maître incontesté du barbecue d'agneau :)

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