« Altérations » de Michel Rozenberg

alterations-rozenbergVous aimez le fantastique belge ? Les ouvrages de Jean Ray et Thomas Owen font vos délices ? Ce livre est pour vous.

Michel Rozenberg a publié de nombreuses nouvelles dans des périodiques variés. On trouve sa signature dans Unexplained , La Clef d’Argent, Le Calepin Jaune, Le Boudoir des Gorgones, Éclats de rêve. Il a également fait paraître un premier recueil de nouvelles chez le même éditeur, Les Maléfices du temps. Jean-Baptiste Baronian (rien que ça !) lui consacre une préface élogieuse dans le présent ouvrage. Autant dire que l’auteur n’est pas un inconnu…

Altérations est la réédition d’un recueil partiellement inédit composé de dix récits, qui tous relèvent du fantastique. On retrouve ici une bonne partie des thèmes du genre : métamorphose, morts-vivants, aberrations spatiales ou temporelles, parfois renouvelés de manière originale (« La rencontre », « Flashes »), toujours avec une patte personnelle. Le style est sobre, percutant, souvent ironique ; il suggère plutôt qu’il ne décrit. Le cadre est contemporain, souvent urbain : pas d’outrance gothique ici. Les personnages sont tous des individus seuls, prédestinés à finir broyés (parfois au sens propre !) ; à tel point qu’on pourrait presque dire que la solitude est, en définitive, la véritable héroïne de ces histoires glaçantes.

La fin de certaines d’entre elles est relativement prévisible pour un lecteur familier du genre : il semble que ce soit le cas, par exemple, de « Le Paquet » et de « Transition ». Par ailleurs, l’auteur n’hésite pas à traiter deux fois le même thème, avec des résultats parfois inégaux : ainsi, « Le Paquet » semble nettement inférieur à l’excellent « Desseins ». Enfin, l’argument du « Défi » ne paraît pas tout à fait convaincant. Mais au-delà de ces imperfections, une voix s’impose : celle d’un nouvelliste qui tente de donner le meilleur de lui-même, et surtout d’un authentique fantastiqueur.

Le seul reproche sérieux qu’on lui fera, c’est de s’inscrire un peu trop dans une tradition. S’il redynamise le genre, pour reprendre l’expression qu’utilise J.-P. Baronian dans sa préface, il ne le renouvelle pas, comme le firent en leur temps Jean Ray ou Pierre Gripari.

Il reste que Michel Rozenberg, s’il ne réinvente pas la poudre, est un excellent artificier. Nous encouragerons donc les lecteurs à découvrir ce livre, ainsi que l’autre recueil de nouvelles de l’auteur, Les Maléfices du temps.

Chronique de Eric Modena

Editeur Nuit d’Avril
Auteur Michel Rozenberg
Pages 158
Prix 13€

 

Nous en pensons ...

Notre avis

4.2

Vous aimez le fantastique belge ? Les ouvrages de Jean Ray et Thomas Owen font vos délices ? Ce livre est pour vous.

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