« Wild Cards » anthologie présentée par Georges R. R. Martin

1987 : George R.R. Martin – pas encore l’auteur mondialement connu de Game of Thrones – a l’idée, avec ses amis et partenaires de jeux de rôles, de créer un monde basé sur leurs parties. Ce premier volume de la saga commence en 1946. Un virus extraterrestre (mis au point par une faction aristocratique de la planète Takis, pour en éliminer une autre), capable de réécrire instantanément l’ADN humain, est libéré au-dessus de Manhattan. Un extraterrestre, au nom imprononçable, et vite surnommé Dr Tachyon, a bien tenté d’empêcher la catastrophe, mais en vain.

Des milliers de gens meurent, tandis que des spores sont disséminées aux quatre coins de la Terre. Les survivants mutent, pour devenir soit des As, ceux qui ont hérité de pouvoirs extraordinaires, soit des Jokers, les ratés des mutations, aux difformités grotesques ou monstrueuses. Vous trouvez que ça fleure bon le pulp ? Vous avez raison. Martin et ses amis s’amusent visiblement bien à faire revivre l’époque des comics ! Et finalement, le lecteur aussi.

Malgré une grande hétérogénéité des textes – qui vont du carrément satisfaisant au franchement ennuyeux, malgré l’aspect un peu suranné de l’ensemble (rappelons que cette anthologie date de 1987), le livre remplit le contrat et pose l’univers dans lequel évoluent ces nouveaux superhéros. Les auteurs en profitent pour revisiter l’histoire américaine de cette deuxième moitié du XXe siècle : la guerre du Vietnam, le Maccarthysme, la Guerre froide, pour offrir, avec Le Témoin de Walter Jon Williams par exemple, une des très bonnes nouvelles de ce recueil.

Ficelles de Stephen Leigh est également à distinguer : cet as qui utilise son pouvoir pour manipuler les jokers afin de servir son ambition politique est une métaphore particulièrement réussie de la ghettoïsation des noirs américains et de la ségrégation raciale. On remarquera aussi, dans un autre registre, Partir à point, le texte de George R. R. Martin himself, qui livre un pastiche foutraque et drôle d’un récit de superhéros. On retrouve avec plaisir le talent de l’écrivain pour proposer un personnage attachant et une intrigue parfaitement menée. Le volume se clôt sur La Venue du chasseur de John J. Miller, une histoire d’action et de divertissement assez intrigante, qui semble ouvrir sur une suite.

Pas franchement réussie, pas franchement ratée, cette anthologie souffre d’être un peu trop « datée » et surtout d’une grande hétérogénéité quant à la qualité des œuvres présentées. Toutefois, le contexte géopolitique et social de l’après-guerre est bien rendu et bien développé et on ne peut s’empêcher d’attendre la suite, que l’on espère plus contemporaine. Les amateurs d’uchronie devraient y trouver leur compte, ainsi que les nostalgiques de l’ambiance des pulps et comics.

Chronique de Sylvie ‘822’ Gagnère

Nous en pensons

Notre avis

3,1

Pas franchement réussie, pas franchement ratée, cette anthologie souffre d’être un peu trop « datée » et surtout d’une grande hétérogénéité quant à la qualité des œuvres présentées. Toutefois, le contexte géopolitique et social de l’après-guerre est bien rendu et bien développé et on ne peut s’empêcher d’attendre la suite, que l’on espère plus contemporaine. Les amateurs d’uchronie devraient y trouver leur compte, ainsi que les nostalgiques de l’ambiance des pulps et comics.

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A propos de Christian

Christian
L'homme dans la cale, le grand coordinateur, l'homme de l'ombre, le chef d'orchestre, l'inébranlable, l'infatigable, le pilier. Tant d'adjectifs qui se bousculent pour esquisser le portrait de celui dont on retrouve la patte partout au Club. Accessoirement, le maître incontesté du barbecue d'agneau :)

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