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Votes pour le match d’écriture des Imaginales 2018 : « Machine addict »

Personne ne l’avait vu débouler ce thème. Pourtant il est tellement dans l’air du temps. On vous serine à longueur de journée réseaux de neurones, IA, robotique, maisons closes de robots en devenir ? Non je ne suis pas obsédé ! Mais nos auteurs le sont-ils, eux ?!

  • Beautés
  • SIM
  • Le Monde de Machine
  • Les mains dans les poches
  • Elle fait si bien l’amour
  • Mauvais œil et mécanique
Contrainte 1Un grand magasin

BEAUTÉS

 Maureen entra timidement dans le salon Bellamore. L’atmosphère cossue et rose du lieu l’intimida d’abord mais le sourire immense de l’hôtesse d’accueil la rassura un peu.

— Bonjour madame, lança celle-ci avec une voix plus aiguë qu’elle ne devait être naturellement. Bienvenue chez Bellamore. Puis-je vous renseigner ?

Maureen s’approcha en serrant par habitude son vieux manteau d’une couleur passée autour de ses habits encore plus démodés.

— Et bien, je … enfin voilà.

— Je comprends, dit l’hôtesse, c’est votre première fois chez Bellamore ?

— Oui.

— Alors dites-moi que cherchez-vous ?

Maureen bafouilla, s’excusa, fouilla dans sa tête. Que cherchait-elle exactement ? Ce matin elle était partie de chez elle pour se rendre directement au travail, comme d’habitude. Son mari lui avait adressé un au revoir poli. Sa fille … et bien sa fille était probablement déjà partie. Elle avait fait le même trajet que les autres jours, vu les mêmes visages dans la rue, les mêmes voisins qu’elle avait reconnus mais qui l’avait ignoré. Un matin classique. Et puis elle l’avait aperçu. Elle. Si sublime et gracieuse qu’on aurait dit que l’existence autour d’elle se pliait à sa volonté. Si incroyable que Maureen avait senti soudainement, avec une réalisation glaçante, qu’elle était laide et commune.

— Et bien j’ai croisé quelqu’un qui sortait de chez vous et je me suis dit …. Je pensais que peut-être …

— Vous voudriez essayer, c’est cela ?

— Oui.

Maureen sentit le regard plein de compassion et d’égard de l’hôtesse, avec une pointe de pitié. Terrifiée par la décision qu’elle venait de prendre, elle n’entendait plus vraiment ce qu’elle lui disait et se laissa guider vers un salon au fond de la boutique.

— … cheveux et yeux … couleurs … plus soyeux … vêtements et accessoires.

Maureen réalisa soudainement que l’hôtesse attendait une réponse mais la mère de famille n’avait pas entendu un seul. Elle acquiesça à tout et l’hôtesse la fit entrer dans une sorte de bulle aux parois métalliques.

— La machine va s’occuper de tout. Surtout ne bougez pas. Ça ne prendra pas longtemps mais vous ne devez pas bouger d’un iota.

Maureen se plaça docilement au centre et la porte de la machine se referma sur elle.

Une demi-heure plus tard elle en ressortit changée.

La machine Bellamore l’avait transformée. Ses cheveux d’un châtain clair quelconque étaient devenus d’un brun soyeux avec des reflets violets. Ses yeux étaient du bleu des lagons. Sa peau arborait un teint unifié, parfait, éclatant. Les rides, signes interdits de la vieillesse des femmes, avaient été comblées et son visage avait rajeuni de dix ans. La machine lui avait également passé des vêtements ajustés, aux couleurs éclatantes, des accessoires brillants et assortis.

Jamais elle ne s’était trouvée aussi belle.

Elle régla et sortit de la boutique comme si le monde lui appartenait. Glissa, vola, flotta jusqu’à son travail. Ses cheveux au vent, tenus par la magie de la machine, sa bouche rosie par les produits cosmétiques.

Ses collègues la complimentèrent à plusieurs reprises. Elle s’admira dans leurs regards, dans leurs égards. Elle travailla comme dans un rêve.

Le soir venu elle passa devant un miroir et s’arrêta soudainement. La couleur des cheveux s’estompait vers son châtain d’origine. Son teint se brouillait de gris et les rides réapparaissaient sournoisement.

Sa surprise lui fit échapper un petit cri. Non, elle ne voulait pas arrêter d’être la créature qu’elle avait entrevue.

Elle bondit dans le grand magasin où la boutique Bellamore se situait et ‘l’hôtesse l’accueillit avec un sourire entendu.

— Pouvez-vous ….

— Mais bien sûr madame !

La machine la rendit de nouveau belle, de nouveau fraiche et pimpante, de nouveau visible et elle se détendit.

Commença alors pour Maureen un nouveau rituel. Chaque jour elle passait à la boutique du grand magasin et la machine de Bellamore l’engloutissait pour la rendre au monde quelques minutes plus tard, captivante et éclatante. Elle enchainait les tenues extravagantes, les coiffures complexes, piquées de paillettes et d’accessoires. Elle changeait de couleur de cheveux et d’yeux chaque jour. Sa peau était aussi lisse et unifiée qu’une toile vierge.

Dès qu’un de ses apparats commençait à s’estomper elle quittait l’activité qu’elle était en train de faire et courrait à Bellamore. Plus de couleurs, plus de beautés, plus de somptuosité. Elle voulait retrouver les regards des passants à chaque fois qu’elle sortait.

« Aimez-moi, regardez-moi, adulez-moi. »

Une starlette apparaissait à la télévision avec une nouvelle coiffure ? Il lui fallait la même ! Elle allait au salon de beauté pendant ses pauses de midi pour des retouches, des essais, des changements de couleurs, en fonction des tendances nouvelles, des photos du jour des personnalités sur les réseaux et dans les magazines.

Elle rajoutait une couche, des paillettes, des décors, des tatouages. Encore et encore. Dès que les gens la regardaient moins, la complimentaient moins.

Son mari qui l’avait observé avec intérêt au début lui reprochait silencieusement ces changements et cela exaspéra tellement Maureen qu’elle le quitta. Quant à leur fille, il lui sembla qu’elle se détachait d’elle, d’ailleurs la dernière fois à la sortie de l’école la petite fille l’avait à peine reconnu et Maureen s’était dit qu’elle avait gâché toutes ses années à s’en occuper avec soin en s’oubliant elle-même.

Les réunions, les déplacements à l’autre bout de la ville devenaient des tortures, car Maureen ne savait pas si elle pourrait revenir rapidement faire une retouche si jamais ses lèvres se dégonflaient, ses pommettes s’affaissaient, les rides se devinaient de nouveau. Elle aurait voulu rester près du magasin, vivre près de lui presque, près de la source de la beauté.

Elle oublia des rendez-vous, écourta des réunions, loupa des promotions. Mais cela lui importait peu : elle cherchait toujours la beauté, encore sa beauté, comme une quête éternelle.

Mais bientôt elle ne fut plus satisfaite. Les formes de nez proposés par la machine Bellamore ne lui convenaient pas. Elle avait essayé toute la palette de couleurs des cheveux, toutes les lentilles pour les yeux. Les coiffures et les habits des stars lui paraissaient ridicules. Elle cherchait quelque chose. Quelque chose d’autre ! Sa beauté.

L’hôtesse de Bellamore devenait livide quand elle la voyait entrer, tellement elle ne savait plus quoi lui proposer de nouveau. Maureen entrait dans une rage folle, accusait la machine, le personnel, les stylistes. Et pourtant elle ne pouvait pas s’empêcher de revenir. Encore et encore.

Un matin, elle entra furieuse dans la machine après avoir rabroué violemment la jeune opératrice. Elle lui avait dit tout ce qu’elle pensait d’elle et tout ce qu’elle avait sur le cœur. Dans la cabine ronde, en attendant que la machine fasse son œuvre elle fulminait encore. Soudainement elle se rappela une chose qu’elle avait voulu dire à l’hôtesse sans en avoir eu le temps. De rage elle tapa du pied au moment où la machine lui passait une chaussure. Celle-ci voltigea dans le panneau latéral et soudainement un crissement strident se fit entendre. Maureen fut saisie par les bras invisibles qui d’habitude l’habillaient avec délicatesse. La poudre vola, les pinceaux et autres rayons et scalpels se lancèrent dans un ballet désorganisé. Elle tenta de hurler sentant sur sa peau les milles brûlures des aiguilles de microchirurgie.

Enfin, l’hôtesse ouvrit la porte et la sortit de là avec un regard d’horreur. Maureen se tourna vers le miroir qui se trouvait juste à la sortie de l’appareil et vit un chaos sans nom sur son visage et son corps. Des cheveux hirsutes de dix couleurs différentes, des tatouages ratés, des habits en lambeaux.

— Oh madame, je vous prie de m’excuser … je.

— Assez, hurla Maureen ! corrigez ça immédiatement.

— Bien sûr, madame.

Elle fut conduite dans une autre pièce et entra dans un autre appareil.

— Nous allons rattraper tout ça, dit l’hôtesse d’une petite voix tendue.

Dans la pièce Maureen ferma les yeux et resta immobile, tentant de se calmer pour laisser la machine travailler en paix. Quand elle sortit l’hôtesse se trouvait toujours là, pâle comme un linge. Elle lui désigna le miroir d’un petit mouvement de main.

Maureen s’en approcha et en eut le souffle coupé.

Elle était splendide. Fraiche, ravissante. Le visage d’une femme décidée tout en étant apprêtée. Toute sa colère disparut soudainement et elle se tourna vers l’hôtesse.

— C’est … magnifique ! Quelle couleur est-ce que c’est sur mes cheveux ? Et ma peau ?

La jeune femme la regarda interloquée.

— Alors ? relança-Maureen.

— Et bien, madame … rien.

— Comment rien ?

— Rien. Il n’y a pas de coloration ou d’apparat. C’est juste … vous.

Maureen s’approcha un peu plus et elle se reconnut alors. Un visage commun, oui c’est ce qu’elle pensait avant. Mais elle vit en lui les traits de sa mère. Un souvenir d’enfance. Un jeu sur la plage auquel elles avaient joué sous le parasol leurs visages proches l’un de l’autre. Elle voyait aussi son père dans ses traits, dans ses yeux surtout. Elle parcourut la peau de son cou avec la pulpe des doigts. Ses fines taches de rousseurs que Maureen détestait mais qu’elle léguait à sa fille à qui elles allaient si bien. Une origine et un avenir sur son visage et son corps. Des choses qu’elle avait oubliées. Une personne plutôt. Elle-même. Belle, non pas pour ses traits mais pour la vie qu’ils portaient.

— Madame ? Madame ?

— Oui excusez-moi, dit Maureen. Je ne vous écoutais pas. Qu’avez-vous dit ?

— Souhaitez-vous retourner dans la machine maintenant, pour réappliquer du maquillage et des accessoires ?

Maureen ouvrit la bouche, se tourna de nouveau vers son reflet dans le miroir. Elle était belle. Oui. Pour elle. Son regard glissa vers la porte du magasin, vers le dehors et les autres. Mais pour eux ? Que serait-elle ? Ses yeux volaient de l’un à l’autre, de son visage au monde qui le jugerait. Elle avait retrouvé sa beauté, et elle en était heureuse mais elle n’était pas sûre que cela serait assez.

 

Contrainte 1Sur  une chaine de montage

SIM

La mémoire, les sentiments, l’amour toute ces capacités sont ce qui nous définit Homme. L’homme et sa capacité à se souvenir, à stocker ses images qui nous construisent, voilà ce qui a disparu maintenant. Ces souvenirs qui nous définissent en tant qu’homme et en tant qu’être différent de l’animal ou de la pierre.

Je m’appelle Adam et aujourd’hui c’est mon 25e anniversaire et ce soir je serai implanté.

 L’implantation le moment le plus important de notre existence celui qui nous permet de se nous souvenir de qui nous sommes, d’où nous venons, de nos parents et surtout de Nina.

Cela fait presque 1000 ans maintenant que l’homme a perdu la faculté de se souvenir. D’aussi loin que je me souvienne on m’a toujours raconté qu’avec l’arrivée de l’informatique et de la téléphonie mobile censé au début nous aider dans la gestion de nos tâches quotidiennes, de notre agenda, des photos de nos dernières vacances, celui-ci était là pour nous aider pour nous simplifier l’existence et pour nous libérer l’esprit.

 Il a fallu un siècle pour que nos dirigeants se rendent compte que notre cerveau perdrait ses capacités de mémorisation totale à l’âge de 25 ans. Au début cela n’a choqué personne étant donné que perdre des connexions neuronales à partir de l’âge 25 ans est tout à fait normal .En effet de l’enfance à l’âge de  jeunes adultes, des circuits de connexion se mettent en place pour les pensées et actions nécessaires et tous neurones non nécessaire meurt progressivement car non utile. A force d’utiliser la technologie moderne notre cerveau a perdu sa capacité de connexion et au lieu de dégénérer progressivement jusqu’à la vieillesse, nous perdrons l’usage du souvenir et de la mémoire à 25 ans de manière définitive.

En effet à l’époque il nous devenait impossible de nous souvenir sans notre carte SIM contenu dans notre smartphone de nos dernières vacances, de notre numéro de téléphone, de notre budget ou même maintenant de notre propre nom.

La puce ou SIM si vous voulez a su devenir notre âme et celle c-i nous est implanté à notre 25eme anniversaire avant notre dégénérescence total et fait de nous des machines addict qui sans elle, L’homme n’aurait plus été un Homme.

Mais là en fait, je pense que je parle surtout trop car il est temps pour moi de partir vers le centre de la ville ou nos usine de SIM (Système Immédiate de Mémorisation) sont créer, configurer et nous sont implantés sur une chaîne de montage dans laquelle mes camarades et moi-même prenons place. Mes parents sont si fière de moi car il s’agit de notre rite de passage à l’âge adulte ou comme on l’appelle l’âge des Configuré.

Cependant je n’ose pas me l’avouer mais j’ai toujours eu une appréhension de ce jour car contrairement aux autres, une chose me distingue, j’ai la chance de rêver.

Le rêve ou l’imagination et le souvenir s’entremêle, me permette de ne pas oublier ou de m’oublier. Et même si je me sens incompris, je ne veux pas me résumer à un morceau de Nickel implanté dans mon cerveau.

-Ah Nina t’es enfin là!! Je commençais à m’inquiéter, tu sais qu’on va tous partir pour la chaîne de montage dans 10 min et c’est bientôt ton tour d’être sélectionné pour avoir ta puce.

-Tu me connais mon coeur toujours limite sur l’horaire mais là quand il le faut. Tu as peur toi ?

-Tu sais bien ce que j’en pense .

-Tu as l’air si pâle, tu as fait un rêve cette nuit n’est-pas? J’aimerais tellement savoir ce que ça fait !

-Oui c’est vrai j’ai fait un rêve mais celui-là n’était pas agréable, affreux en fait.

-Tu sais qu’on ne devrait pas en parler Mr Toiika ne doit pas savoir, c’est dangereux !

Mr Toiika c’est notre président et notre concepteur de puce. C’est lui qui détermine si l’implantation a réussi mais depuis un certain temps il y a des rumeurs.

Des personnes qui disparaissent …. A ce qu’on dit …quand l’implantation ne réussit pas car si nous perdons nos souvenirs, nous perdons alors aussi progressivement notre morale et devenons une menace pour la paix de notre société.

Ca y est Nina est montée derrière moi sur la chaîne et seul la chaleur de sa mains dans la mienne me permet de garde la maîtrise de moi -même. La vision est effrayante comme dans mon rêve du métal se trouve tout autour de nous, il fait froid, sombre et seul mes yeux distinguent la seringue d’injection qui nous attend à la sortie de la pièce.

Le camarade situé devant moi penche docilement la tête sur le côté droit et reçoit sa puce au niveau de la temporale droite et bien que nous soyons anesthésiés localement, j’ai perçu la douleur qu’il a malgré tout ressenti. Un voyant vert indique la validité du protocole et permet au candidat de l’implantation suivant de s’avancer.

Courageusement je m’avance mais lorsque je reçu ma première injection pour l’anesthésie à ma grande surprise un voyant rouge s’est allumé. Pétrifié je vis sortir Mr Toiika de son bureau et s’avancer vers moi.

“Non Compatible” c’est ça qu’il venait m’annoncer mais quand j’aperçu 4 hommes en rouges à ces côtés, mon instinct de survie compris qu’il fallait fuir !

 Les yeux interloqués de Nina et sa main toujours dans la mienne, nous sautâmes hors de la chaîne de montage et sortir du bâtiment, la fuite était notre seul avenir !

Il fait nuit et bientôt le soleil va se lever sur mon 26eme anniversaire. Je suis Adam le premier humain non implanté mais non décérébré pour autant. Car à force de pouvoir rêver mon cerveau a recommencé à mémoriser et conserver mes données et à se régénérer de ces moments précieux qui font qu’ils sont uniques. Nina par amour ma suivi malgré la connaissance des conséquences que cela engendrerait pour elle mais le bonheur de voir Noé naître cette année la comblée de bonheur d’autant que lui aussi à la capacité de rêver. Bientôt j’espère par ce nouvel espoir que l’homme ne sera bientôt plus une machine addict mais simplement un Homme.

 

Contrainte 1Le Comte des Coups

LE MONDE DE MACHINE

J’en ai marre ! Comment je vais faire pour dormir, pour penser, pour lire avec ces fichus coups qui résonnent dans la ville du matin au soir ? Trois jours et trois nuits que ça dure ! Si ça continue, je vais finir par aller dynamiter le machin qui fait ce boucan, un espèce de gros cheval noir et rouge avec des piquants qui lui sortent de partout. Tant pis si je me retrouve en tôle ! Et le Comte de Scopu qui a interdit d’y toucher, à ce truc qui m’empoisonne la vie depuis plus de trois jours, il peut aller se faire voir !

Dong. Ding. Dang. Dang. Dong. Des coups qui m’explosent le cerveau. Pas possible de réfléchir plus de trois minutes d’affilée ! Mais comment ils font, les gens, pour supporter ça ? Ils sont sourds, ou quoi ?

Je respire. Si je ne me calme pas, je ne vais jamais arriver à trouver une solution pour faire cesser ce martyre. Déjà, me faut analyser la cible. Un cheval à piquants en je-ne-sais-quelle-matière, appelé Machine – rapport au nom du type qui l’a créé, un certain Pedro Lev Mac Hine. C’est censé être une œuvre d’art, à la base. Une œuvre d’art qui apporte le bien-être, d’après le Comte de Scopu qui l’a présenté il y a trois jours, quand on l’a mis là, sur la place.

Ding. Ding. Dong. Dong.

Combien de temps que je ne suis pas sorti de chez moi, au fait ?

Je ne sais plus. Maintenant, faut réfléchir à où je pourrais trouver de la dynamite, et comment je pourrai faire sauter ce machin – enfin, Machine – discrètement…

Dong. Dang. Dong. Ding. Ding. Ding.

Oui, « dingue », ça y est, j’ai compris ! Tais-toi, sale Machine !

– Papa, qu’est-ce que tu fabriques ?

Je sursaute. La voix de ma fille a soudain crié au milieu des « dingue » et des « dang-dong ».

– Je réfléchis, crié-je pour recouvrir le vacarme.

Je me retourne. Chloé se tient devant la porte ouverte du salon, les bras croisés, les sourcils froncés – l’air pas content, quoi. C’est bizarre, elle a mis son manteau en mouton doré, de la même couleur que ses cheveux bruns – alors qu’il fait une chaleur terrible dehors.

– Je t’attends depuis un quart d’heure ! me lance-t-elle de sa voix perçante. On va être en retard, à cause de toi !

J’en reste bouche bée. D’accord, Chloé entre dans l’adolescence, c’est normal qu’elle ait des idées et des comportements un peu bizarres. Mais là… Elle fait fort, Chloé ! Qu’est-ce qui lui prend, de mettre un manteau de fourrure par cette chaleur ? Et pourquoi on devrait être en retard ?

Ding. Dong. Dong. Dong. Dong. Ding. Dang.

– On était censé aller quelque part, ce matin ? hurlé-je pour recouvrir ce tintamarre.

Son visage se crispe méchamment. Et elle se met à hurler trois fois plus fort que les « ding-dong ».

– Machine va s’animer, c’est pour aujourd’hui ! Le Comte de Scopu l’a annoncé tout à l’heure sur la place, tout le monde y va ! T’aurais dû le voir, t’es juste devant la fenêtre ! Regarde en bas, toute la ville afflue vers la Machine ! Il faut qu’on soit tous là quand elle va s’animer, parce qu’alors, tous nos rêves vont se réaliser !

Je jette une œil dehors. Pas un chat. Seulement l’espèce de cheval croisé à un porc-épic qu’on appelle Machine au milieu de la place, qui continue son raffut de dingue.

Je jette un regard à ma fille. Y a un truc qui cloche. J’ai carrément peur, là.

– Chloé, qu’est-ce qu’il te prend ?

– Quoi, qu’est-ce qui m’prend ? Et toi ? T’as l’air complètement à côté de la plaque, ce matin.

– Mais il n’y a personne dehors, j’ai pas entendu le Comte hurler dans les haut-parleurs depuis deux jours, et c’est l’été, nom d’un chien ! Qu’est-ce que tu fabriques avec ta fourrure ?

– Comment ça, c’est l’été ? Tu vois pas la neige, là-dehors ? Tu deviens maboule, ma parole…

– On ne parle pas comme ça à son père, jeune fille.

– Et puis tu m’énerves ! J’y vais, moi, voir Machine s’animer. Tant pis pour toi si tu n’assistes pas au plus génial méga concert de tous les temps !

Qu’est-ce qu’elle raconte ? Si elle parle du concert des coups, franchement, je m’en passerais bien. Mais…

Elle s’en va en courant.

– Chloé ! Reviens ici tout de suite !

Mais c’est qu’elle est rapide, à son âge ! Elle arrive déjà au bout du couloir de l’entrée, tourne la clef dans la serrure…

– Chloé !

Je m’élance dans les escaliers sombres et mornes de l’immeuble derrière elle, mais elle les dévale à une vitesse folle. Les voisins du dessous déboulent tout d’un coup, un couple de petits vieux bien gentils mais pas très alertes, pile entre ma fille et moi.

– Jésus est de retour ! s’écrie la voisine. C’est aujourd’hui, la Rédemption finale !

Quoi ? Bon, je sais bien qu’elle est un peu bigote, mais à ce point… C’est pas possible, le monde est tombé sur la tête ! Je parie que ça a à voir avec cette fichue Machine !

Dong. Dong. Ding. Dang.

C’est bon, on a compris ! Tu m’étonnes que les gens deviennent un peu dingues, avec ces saletés de coups qui empêchent tout le monde de dormir, de penser, de lire, de regarder la télé, de travailler, de faire quoi que ce soit !

Et ma petite Chloé qui a disparu ! C’est que d’autres voisins remplissent l’escalier en beuglant des trucs incompréhensibles. Les extraterrestres vont débarquer, on va retourner à l’âge de pierre, des pièces d’or vont tomber du ciel ou bien des tablettes de chocolat, un peu comme la manne dans le désert, et ma fille, elle est loin devant.

– Chloé ! hurlé-je.

Pas de réponse. Seulement les hurlements des gens de plus en plus excités. Et ma fille qui court à corps perdu au milieu de tous ces cinglés !

Je sors dans la rue, au milieu d’une bouffée de chaleur à couper le souffle, et m’élance à toutes jambes vers cette fichue Machine. Je les vois maintenant, les gens dans la rue dont parlait Chloé tout à l’heure, tous habillés bizarrement, en tutus de danse, en kimonos, en mariés ou je ne sais quoi…

Ding. Ding. Dong. Dang.

Je n’en peux plus. Moi aussi, je vais devenir complètement fou, si ça continue ! Maudit Comte de Scopu, c’est lui qui a mis cette horreur sur la place et a interdit d’y toucher ! Comte des Coups, oui !

Pas de Chloé en vue.

– Chloé !

Je cherche dans la foule qui se presse vers l’horreur à pics, en vain. Aucune trace de ma fille. Des Juifs en chapeaux et papillotes annoncent l’arrivée de leur Messie en sonnant d’une sorte de cor, des écolos crient au triomphe de la nature, et moi…

Je me demande si je ne suis pas le seul à avoir à peu près gardé sa tête.

Et pas possible de retrouver ma fille, dans ce capharnaüm !

– Chloé !

Pourtant, avec son manteau en mouton, je devrais la voir de loin ! Je bouscule une grand-mère qui m’invective en levant sa canne, un ado qui ouvre la bouche vers le ciel, bras tendus dans une posture d’extase, en criant qu’il pleut de la bière. Je traverse une bande de collégiens en maillots de bain qui gardent tous les yeux rivés sur cette saleté de Machine de Pedro Lev Mac Hine, l’air abruti.

Aucune trace de ma fille. C’est juste pas possible ! Elle doit bien être quelque part.

– Chloé !

Là-bas ! J’ai vu une silhouette fine avec un gros manteau, elle s’éloigne de la foule, vers une petite rue qui a l’air plutôt déserte. Je bouscule encore des gens mais je m’en fiche, ils n’avaient qu’à se pousser, il faut que je retrouve ma fille !

Déjà, je respire mieux hors de la foule, même si à cause de la chaleur et de la course, je suis plus mouillé que si j’étais tombé dans le canal. Mais…  la rue est complètement vide, devant moi. Ce n’est que de l’ombre, des pavés inégaux, de grandes maisons austères un peu branlantes et décrépites. C’est une honte, le délabrement de cette ville. Et du monde en général, d’ailleurs. Et plus de Chloé en vue. Je ne suis même pas sûr de l’avoir vue, d’ailleurs.

Aurais-je rêvé ? Ou était-ce quelqu’un d’autre, qui est retourné se terrer dans sa piaule en voyant ce monde fou ? J’y retournerais bien, moi, dans la mienne. Mais pas sans ma fille !

J’ai cru entendre des bruits de pas dans une petite ruelle derrière moi, entre les ding-dong. J’y fonce, le plus vite que je peux.

– Halte !

Je me retourne. Deux policiers massifs du Comte de Scopu ont surgi de nulle part et barrent le chemin, jambe écartées. Des policiers… ils vont m’aider à retrouver ma fille, eux !

– S’il vous plaît, vous n’auriez pas vu une ado en fourrure de mouton, par hasard ?

– Monsieur Conrad Goupil. Vous êtes en état d’arrestation.

– Quoi ? Mais j’ai rien fait !

– Si. Vous avez réagi négativement à la Machine à Bonheur de Pedro Lev Mac Hine. Vous êtes donc un élément potentiellement perturbateur de la société. Nous ne pouvons vous laisser en liberté.

Quelque chose me glace dans le ton monocorde des policiers. Leur voix n’est pas humaine. Ce sont des robots ! Eux aussi, ce sont des saletés de machines, comme ce truc hideux censé être une œuvre d’art.

Ding. Dong. Ding. Dang.

Ils se rapprochent. Je me retourne pour prendre mes jambes à mon cou, mais d’autres arrivent de l’autre côté. Eh merde ! Je suis cerné. On m’arrête, et je ne sais même pas pourquoi.

– C’est une erreur ! protesté-je. J’ai toujours respecté la loi !

– Vous avez réagi négativement à La Machine à Bonheur. Si la Machine ne peut pas vous rendre heureux, alors vous allez semer le trouble dans la société. Cela a été scientifiquement prouvé. Notre rôle est de nettoyer la société de tous ceux qui la perturbent. Ceci pour réaliser l’utopie du Comte de Scopu et de Pedro Lev Mac Hine d’un monde sans dissensions et sans conflits. Un monde où chacun pourra vivre son idéal sans que cela gêne les autres. Ce ne sera pas possible tant que circulerons des gens comme vous, monsieur Goupil.

Les policiers mécaniques se sont rapprochés. Mon palpitant s’affole tellement que j’ai l’impression qu’il va exploser. Ils sont tout près, maintenant, tous les quatre. Ils m’étouffent. Ils m’oppressent. Et ma petite Chloé… Perdue quelque part au milieu de ces fous en extase. Ma fille, dans quel monde vas-tu vivre ? Qu’est-ce que c’est que cette utopie de dingue ?

Quelque chose me pique entre les côtes. Ma vue se brouille. J’arrive plus à réfléchir. Et ces coups, toujours ces coups, les coups de ce salaud de Comte Scopu qui a flanqué un sacré mauvais coup au monde, pour le coup…

Contrainte 1Un casque-noisettes
Contrainte 2
Derrière la fenêtre

LES MAINS DANS LES POCHES

Je me tenais, comme chaque matin au lever du jour, debout derrière la fenêtre, les mains dans les poches.

J’ai vu un petit point noir à l’horizon avancer, droit devant, dans la chaleur et la poussière.

« Tiens donc, c’est qui ce petit imprudent », que je me suis dit.

J’ai crié sans me retourner:  » hé, les mecs, wake up, v’là du taff ».

Le petit point noir a grossi, j’ai compris alors que ça serait pas si facile de lui faire sa fête.

Il avait de la puissance, il dégageait de la substance, ronde, avide, insatiable.

 

Dans ma poche, j’ai senti Léon s’agiter.

Les potes sont venus se grouper autour de moi,  et tout le monde s’est tu et a fixé le point.

Le géant noir approchait lentement, et je vis, alors qu’il n’était plus qu’à une cinquantaine de mètres, j’ai vu qu’il souriait.

Moi, j’en avais fini avec l’excitation que sa venue avait provoquée, et j’étais là à me demander s’il fallait pas plutôt prendre les jambes à mon cou.

 

Le gars est entré.

Un géant, effectivement, comme on en voyait plus guère.

Mais on en avait entendu parler, et on savait qu’il fallait se tenir sur ses gardes.

Ne pas le contrarier.

Le satisfaire.

 

Depuis des heures, je cuisinais.

Toute la réserve de bouffe était en train de fondre, et les potes tiraient une drôle de tronche.

Mais personne ne bronchait.

Le gars dévorait, buvait, rotait et pétait à n’en plus finir.

Il ne disait rien.

Il tendait sa grande main pour signifier qu’il lui en fallait encore.

Dans ma poche, Léon faisait le con.

Me pinçait, s’agrippait à l’intérieur de ma blouse, essayait d’en sortir.

Au bout d’un moment, excédée, je le  posais sur le bord de la table.

Le géant cessa de manger, s’essuya la boue, rota encore un coup et dit s’adressant à lui: « Ah bin t’es là, toi, depuis le temps que je te cherche. »

J’avançais la main furtivement pour le reprendre mais déjà le colosse avait mis la main sur la mienne et la serrait de toutes ses forces.

Sous le poids, Léon gémissait et se débattait, et tout en gardant un œil sur le mec, je cherchais avec mon « œil strabe » les couverts   dont il ne s’était pas servi.

Les potes tapissaient les murs de la pièce et je savais que j’étais seule, que personne ne viendrait se battre à mes côtés pour reconquérir un casse- noisettes.

 

« On fait un deal, mec, j’ai dit.

« Léon et moi, on se kiffe, j’peux plus m’en passer, et j’lui ai même trouvé des « noisynthé », on appelle ça les « Taz à léon. »

Il va bien, je prends soin de lui, et j’aime bien l’avoir avec moi, on fait une bonne équipe tous les deux. »

Le gars sorti alors de sa main libre des noisettes de sa poche qui roulaient maintenant sur la table, et j’ai senti Léon s’agiter par en dessous, enragé, incontrôlable.

D’un geste précis, j’ai attrapé le pic à viande et l’ai enfoncé dans la grande gueule ouverte, par le haut, direction cerveau.

Le mec était trop plein, il a rien vu venir.

Il était cuit, raide, immobile, assis dans son jus.

Une fontaine de sang noir jaillissait de l’orifice béant, et puis la cervelle, flasque, nauséabonde , a suivi.

Les potes se sont  enfin jetés sur lui pour lui faire sa fête.

 

Léon et Saskia.

Saskia et Léon.

Léon avait accrochée Saskia, comme toute bonne machine addict qu’il était, et il ne la lâchait  plus.

Pourquoi lui?  Pourquoi elle ?

L’origine de l’histoire de Léon est peu connue:

Pourquoi  et comment un casse-noisettes a-t-il pu se  trouver là,  dans cette histoire?

Qui l’a détourné de son traditionnel usage pour en faire un instrument de torture, une « machine addict » ?

Qui s’est amusé à ça ?

Et elle, la fille ? On ne sait pas grand-chose d’elle.

Elle traine avec ses potes, et le matin, derrière la fenêtre, elle regarde l’horizon, les mains dans les poches.

 

Contrainte 1Une célébrité amnésique
Contrainte 2
Au moment de payer

ELLE FAIT SI BIEN L’AMOUR

Elle fait bien l’amour.

Elle est tendre, avec juste ce qu’il faut de bestialité, et sait le toucher aux bons endroits. Elle est à l’écoute de ses soupirs, de ses murmures… Au début, elle l’a embrassé entre les deux sourcils. Il était assis, sur le lit, le dos droit, les jambes serrées et les mains sur les genoux. Elle a approché ses lèvres, déposé une chatouille et un soupçon d’humidité, puis souri :

« Le troisième œil », elle a dit.

« Pardon ? »

« Le troisième œil. C’est comme ça que les sages appelaient cet endroit, avant. »

Il a hoché la tête. Il n’a aucune idée de qui sont « les sages » ni de quand était « avant », mais elle était déjà passé à autre chose et il n’a pas osé la contrarier.

Et puis, ce n’était pas le moment de se lancer dans des discussions ésotériques.

Alors que sa langue remonte le long d’une veine de son sexe, il se demande, tout de même, comment elle a su pour le troisième œil.

Pas le nom. Le point. Le fait qu’il aimait ça.

S’il s’en fie à ses connaissances – et il a bien conscience qu’elles sont minces – il ignorait lui-même cette inclination.

Comment sait-elle ?

Comment sait-elle que c’est cette veine qu’il faut picorer avant de mettre sa verge en bouche ?

Il bascule en arrière dans un grognement. Le lit est moelleux, presque trop. C’est très mauvais pour le dos mais il adore cette sensation d’être avalé par les draps. Comment a-t-elle su ?

Il tourne la tête. Comment a-t-elle su pour les hortensias dans le vase sur la table de nuit. Comment a-t-elle su pour le vieux trip hop en fond sonore ? Les sous-vêtements vert émeraude et le carré plongeant ? Et le jus d’abricot ? Et la fenêtre ouverte ? Et les petits noms qu’elle lui donne ? « Trésor », « Chéri », « Loup », « Amour ». Sans ces possessifs qu’il déteste. C’est trop.

— Comment… il commence.

Elle l’interrompt :

— Chhhhht.

Elle va pour lui fermer la bouche d’un baiser mais se ravise avant même qu’il ait eu le temps de se braquer. Un regard d’excuse. Elle sait qu’il n’apprécie pas la condescendance. Elle redescend sur son sexe, et l’absorbe cette fois goulument. Aspire fort, à plusieurs reprises, jusqu’au douloureux. Il s’abandonne. Elle tire, tire son jus, et c’est merveilleux. Quand il commence à haleter, elle s’arrête.

Elle sait.

Elle empoigne sa verge et l’insère dans sa chatte trempée.

Il oublie tout.

— Tu fais très bien l’amour.

Son regard s’illumine de ce qui ressemble à de la colère. Il est si surpris qu’il en oublie de s’excuser. Il a juste voulu se montrer amical. La remercier, d’une certaine façon, pour le plaisir qu’il lui a procuré alors que lui-même n’a pas fait grand-chose. Quand il le lui a fait remarquer, elle a répondu : « Te regarder me suffit. »

C’est vrai qu’il est beau. Il l’a constaté lorsqu’il est passé devant le grand miroir. Un teint hâlé mais pas olivâtre, des traits fins mais virils, de longs cils encadrant des yeux sombres, des cheveux bruns, presque noirs, bouclés, qui appellent la caresse. Et son corps ! Même sous la chemise, il a pu deviner les muscles. De ceux que l’on acquiert après des années d’arts martiaux. Ou peut-être de danse. Il n’est pas certain, mais se doute en tout cas qu’il n’est pas du genre à passer des heures à gonfler ses pectoraux en salle de gym, jusqu’à récupérer des nichons.

Il a ricané de sa blague. D’abord surprise, elle a juste dit : « Tu as un sourire magnifique ! »

La lueur dans ses yeux a disparu. Elle a retrouvé presque immédiatement son assurance. Il hésite à insister. Après tout, peut-être a-t-il mal interprété. Il pense être un bon juge de caractères, mais n’est pas certain de toujours bien saisir les sentiments d’autrui. Mais, s’il l’a effectivement froissée, sans doute devrait-il réparer sa maladresse. Elle lui épargne ce choix :

— Tu trouves ?

Il y a une petite victoire dans cette question. Ça le flatte. Il répond, charmeur :

— Bien sûr. Tu avais un doute ?

Sa réponse lui parvient comme une gifle.

— Aucun.

— Oh. Pardon, c’est juste que j’ai pensé…

— Que j’étais une fille ordinaire donc complexée ? Que je me croyais indigne d’un homme comme toi ?

Il s’exclame :

— Non, pas du tout !

et se demande si c’est vrai. Mais elle s’en moque. Elle insiste :

—  Je n’avais aucun doute. Moi j’ai toujours su que j’étais faite pour toi.

Lorsque la voiture vient le chercher, elle craque un peu. Le chauffeur lui tend une tablette et elle tape son code en tremblant.

— Tout va bien, madame Clémand ? demande la garde du corps.

Elle répond :

— Parfaitement. Parfaitement.

— Jeudi, même heure ?

— Je… Je n’aurai peut-être pas les fonds.

L’autre femme fronce les sourcils.

— Nous nous sommes engagés auprès des Petijean : deux fois par semaine.

— Je sais, je… je sais… elle balbutie, et il a soudainement envie de la défendre, sa petite femme qui fait si bien l’amour. Mais le chauffeur intervient :

— Nous pouvons demander à madame Brémond de vous remplac…

— NON ! elle hurle, et il réprime de justesse un sursaut. Elle se reprend et déclare, comme si rien ne s’était passé : Non. Je trouverai l’argent.

Ils se moquent d’elle pendant tout le trajet jusqu’à l’usine. Il le devine, malgré la vitre blindée. Il n’aime pas ça. Madame Clémand – puisque c’est son nom – est mystérieuse, un peu effrayante, parfois, mais elle fait si bien l’amour ! Et puis, c’est une cliente, apparemment, et il lui semble que le client est roi. Dans le garage souterrain, lorsque le chauffeur lui ouvre la porte, il lui jette un regard noir. Le gars ricane. C’en est trop. Il s’avance, menaçant, mais la garde du corps s’interpose :

— À l’officine, s’il vous plaît, ordonne-t-elle.

Il se demande s’il pourrait l’assommer. Après tout, il est peut-être champion d’arts martiaux. Mais, comme il est peut-être champion de danse, il se contente de hausser les épaules.

Ils prennent l’ascenseur et passent devant les autres pour gagner l’officine. Certains dorment, derrière les portes de verre. D’autres pleurent. Il commence à angoisser. Une femme d’une trentaine d’années se jette sur la vitre insonorisée et lui hurle quelque chose, mais il y a maintenant trois autres gardes derrière lui. Il se laisse conduire à sa propre cellule et s’assoit sur le fauteuil.

— Tout s’est bien passé, Mario ? demande l’infirmier en lui passant les sangles.

Il acquiesce :

— Madame Clémand fait très bien l’amour.

Le visage de son interlocuteur se barre d’un sourire mauvais :

— Je suis content que vous me disiez cela.

Puis, il remonte la peau de son bras pour y insérer la prise. Il doit un peu batailler contre les fils et grommelle :

— Foutus prototypes ! (Il râle encore un peu avant de se calmer 🙂 Mes excuses, Mario. Vous êtes un chef d’œuvre. Un chef d’œuvre qui mériterait une mise à jour, et l’aurait eue depuis longtemps si les Petitjean acceptaient de suspendre votre peine un foutu mois. Le jour où tout pétera, ils seront bien… Ah !

Il déniche enfin le trou, et fait le branchement. Mario se tend, mais la voix rassurante de l’infirmier l’accompagne alors que les souvenirs affluent :

— Tout va bien, Mario. Ce ne sont que des souvenirs.

Ils sont en effet agréables : les cadeaux de ses parents, les petites amies, l’Université… puis son premier rôle, dans un film indépendant, celui avec les hortensias celui qui lui a valu la récompense qui lui a ouvert les portes suivantes. L’argent, la gloire, les fans… Cette fan. Marianne Petitjean. Elle n’était pas comme les autres. Elle n’en avait ni après son argent, ni après sa gloire, et elle comprenait son art. Comprenait, en tout cas, les ambitions de ses débuts. Lorsqu’il n’était pas encore un amuseur, ancien alcoolique rabattu sur le jus d’abricot, mais un intellectuel et un athlète amateur de tango et troisième dan de taekwondo – bon sang ! il aurait pu coller un pain à la gare du corps ! Il a tant aimé son innocence ! Bien sûr, il savait pour son âge. Lors du procès, il a prétendu le contraire. Après tous les témoignages d’anciennes petites amies, dont celle à qui il avait accidentellement crevé un œil, il n’allait pas ajouter le détournement de mineur à son dossier. Et personne ne croyait en ce nouvel accident. Tout le monde lui répétait qu’on ne rabaissait pas les gens en public « par accident », qu’on ne racontait pas en détails à la presse ce qu’ils nous faisaient au lit et ce qu’on aimait qu’ils y portent « par accident », qu’on ne leur lançait pas des pots de fleurs à la tête « par accident », qu’on ne planquait pas les corps « par accident » et, lorsqu’ils se réveillaient parce qu’on était trop empoté pour vérifier un pouls, on ne les frappait pas trente fois « par accident ». Mais il avait paniqué ! Pourquoi refusait-on de le comprendre ? Elle voulait le quitter et il avait pété un plomb ! Bien sûr, il avait eu tort, mais les gens ne sont pas toujours rationnels ! Regardez donc ses fans ! Une fois, une fille lui avait demandé de lui lécher la tronche ! Et un type de baiser sa copine devant lui ! Bon, il avait accepté la seconde proposition. Mais tout de même. Ces gens étaient tarés, comme ces folles qui lui envoyaient des nus, et la pire de toutes, la passionnée d’ésotérisme, qui était passée aux colis de culottes pleines de mouille après que les lettres d’amour étaient restées sans réponse. Cette malade qui répétait toujours…

Qui répétait toujours…

Non.

Le transfert ralentit, et la voix de l’infirmier retentit de nouveau :

— Elle a toujours su qu’elle était faite pour toi.

— Non ! il pense, et se rend compte qu’il l’a hurlé. Comme le héros de son dernier film, dans cette scène ridicule, durant laquelle il pleure sur le cadavre de sa femme avant de vendre ses actions et de se lancer dans une quête initiatique, il crie : Non, non, NON !

Les derniers souvenirs affluent. Il revoit sa condamnation. L’échafaud. Il ressent la pisse chaude le long de ses cuisses alors qu’on le bascule pour placer sa tête dans la lunette. Le bruit du mécanisme de fermeture, celui du déclic, et sa tête qui roule, roule, roule…

Celui-ci est un autre souvenir. Un d’après. Des archives qu’on l’a forcé à visionner, alors qu’il n’avait même pas fini d’apprivoiser son nouveau corps mécanique. Les parents Petitjean sont avec lui, comme ils sont avec lui, à chaque fois qu’on lui rend sa mémoire. Il lève la tête. Le miroir sans tain s’éclaircit. Le sourire de Madame Petitjean est terrible. Monsieur Petitjean, lui, s’adresse à un employé lassé, et il peut lire sur ses lèvres :

— Deux fois par semaine.

Il pleure. Il pleure, il hurle, et il ne peut pas détacher son regard de ceux de ses tortionnaires jusqu’à ce que l’infirmier se penche sur lui :

—  On leur a promis, enflure : tu vas payer.

Contrainte 1Trop honnête
Contrainte 2
Une forêt de pâquerettes

MAUVAIS ŒIL ET MÉCANIQUE

Espace profond, 7h. Au milieu de nulle part.

Dans l’espace, personne ne vous entend crier, parait-il. Amaric était en train de vérifier l’adage. Le cri monta dans sa gorge, explosa dans l’habitacle vide et vibra quelques secondes avant de mourir dans un soupir, laissant le jeune homme là, perdu, sans grand espoir de finir un jour son contrat. Non pas qu’il s’agisse d’un cri de douleur ou de désespoir mais plutôt d’un ennui profond qui allait le rendre fou.

Trois jours qu’Amaric naviguait au jugé, tentait de trouver le point de rendez-vous. Mais les coordonnées stellaires remis par son commanditaire étaient imprécises. Grâce à lui-même d’ailleurs, puisqu’une fausse manipulation de l’ordinateur central du vaisseau avait écrasé une partie des informations.

Sa cargaison allait finir par pourrir et ce serait une catastrophe, le contrat stipulant clairement qu’il devrait verser une somme conséquente en cas de non-réception de la marchandise.

Le bip assourdissant remplit l’habitacle, crevant presque les tympans d’Amaric, habitué au silence. Une communication entrante !

– Hey ! Ama’, enfin là ? demanda la voix grave et autoritaire d’un homme.

– Vares, je suis désolée… Je… commença Amaric avant de se taire complètement.

– Tout à fait. Si tu peux me garantir que tout est en ordre et dans l’état demandé, je récupère ce qui me revient. Sinon… Tu me devras un beau paquet de blés. Le temps c’est de l’argent, Ama’.

Silence dans l’habitacle. Amaric regarda à droite à gauche, comme un animal piégé. Bien sûr, le dénommé Vares ne pouvait pas le voir, et heureusement !

– Et bien… commença-t-il, incertain. Il y a eu quelques complications. D’où mon retard. Désolé d’ailleurs.

– Ce n’est pas ce que j’ai enregistré.

– Comment peux-tu me…

– Ama’, mon petit, laisse-moi amarer, on va régler ça de vive voix et j’irai voir l’état de la cargaison.

Impossible de refuser. Impossible de dire non au risque de devoir une plus grosse somme d’argent encore au contrebandier, voire même d’y perdre quelques dents. L’animal n’avait pas vraiment la meilleure réputation du monde. On le disait froid, calculateur et surtout d’une cruauté à faire pâlir d’envie quelques peuplades cannibales de l’autre bout de l’univers. Charmant.

Amaric lança les processus d’amarrage, ouvrit le sas et attendit. Les pas et le rire tonitruant de Vares emplit rapidement l’espace, suivi par le frottement plus discret d’Antoine, le faire valoir et larbin muet du contrebandier. Prenant d’office Amaric par les épaules, il l’attira à lui pour une accolade à la fois virile et menaçante. Le jeune homme n’en menait vraiment pas large.

– Alors, ta soute ? questionna Vares, sans attendre plus longtemps.

Oh pour la soute, il n’y avait qu’à suivre l’odeur. Celle qui s’infiltrait partout et collait aux narines d’Amaric, celle du début de la fermentation et de la moisissure. Celle qui provenait, bien évidemment, de la soute. Non, la cargaison n’était pas de première fraicheur, les fruits d’Omlja, ces espèces de grosses pommes violettes, n’avaient pas vraiment aimé l’attente interminable imposée par le contrebandier.

– Tu sais que ces fruits sont d’une extrême rareté, non ? insista Vares, bien conscient de l’odeur.

Amaric ne répondit rien. Pas la peine. Ouvrir la bouche, ce serait se trahir, mettre les pieds dans le plat une énième fois, faire foirer encore son business. Oui, il savait. Tout comme il n’ignorait pas que la peau de ces énormes fruits entraient dans la composition d’une liqueur d’ambroisie parmi les plus savoureuses de la galaxie, de ces bouteilles qui demandent la vente des deux reins, poumons et autres organes pour s’en payer ne serait-ce qu’un verre.

– Dis-moi quelque chose, mon vieux ! J’ai déjà assez d’un muet dans l’équipe ! Le silence est vraiment un enfer, tu sais, gronda gentiment Vares avec un sourire carnassier.

– C’est que…

– On parlait des fruits, non ? Je connaissais une petite distillerie, il y a quelques années de ça, qui pouvait me faire de la liqueur avec ces fruits. Elle a fermé, malheureusement. Parait qu’elle n’avait pas toutes les autorisations.

Toujours pas un mot malgré le coup de coude et le clin d’œil appuyé. Amaric tenait bon, mais pas pour longtemps. Lorsque la porte de la réserve s’ouvrit dans un chuintement, le visage des trois hommes se décomposa de concert.

Tout était définitivement foutu. Une bouffée de vapeur leur sauta au visage. L’assistant muet recula de quelques pas avec une grimace, Vares souriait de plus belle tandis qu’Amaric s’affaissa de quelques centimètres, sentant poindre la sanction et surtout l’allégement considérable d’un porte-monnaie déjà bien vide.

– Foutue. Réponds-moi maintenant, Amaric, menaça le contrebandier. Explique.

– J’ai eu quelques soucis en route, éluda le jeune homme, conscient qu’il devait tout faire pour éviter d’en dire trop.

– Je me moque de tes excuses…

Vares s’approcha de lui, l’attrapa par le col. Amaric, dans un sursaut, parvint à laisser échapper quelques mots.

– Robot. Détour. Bug !

– Tout ça ne veut rien dire. Amaric, tu vas avoir le choix, soit tu me rembourses, soit je me rembourse. Et ta petite collection ne va pas y survivre.

Sourire carnassier et yeux menaçant. Ce sont les uniques détails que le jeune homme peut voir dans son champ de vision tandis que ses plus belles pièces défilent dans son esprit. L’Atari 2600 récupérée sur Terre, première sur le mur de ses découvertes. La Modélissima 340, modèle unique de robot permettant de créer lui-même des courts spectacles d’hologramme. Une Boite de Schrodinger, machine étrange et dysfonctionnelle censée pouvoir garder n’importe quoi dans l’état dans lequel on l’y avait mis, mais qui avait tendance à tout tuer ou faire pourrir ou détériorer. Il en avait des centaines d’engins plus étonnants les uns que les autres. Un cabinet de curiosité volant, unique, et surtout personnel, que nul autre que lui n’avait le droit de contempler. Menacer ces possessions les plus précieuses, ses bébés adorés, c’était la pire chose à faire. Et pourtant, Amaric ne pouvait rien faire contre Vares. Que subir et s’excuser. Tout était de sa faute.

– Tu aurais pu me raconter tellement d’histoires, Ama’, rigola Vares en se détachant. C’est ce que fais un vrai contrebandier. Il ment, raconte, extorque. Dis-moi, comment as-tu eu les fruits, que je rigole.

Un murmure contrit sorti des lèvres d’Amaric, qui trouvait soudain passionnante ses chaussures.

– Plus fort.

– En les payant.

Le rire du contrebandier emplit l’espace. Apparemment, il s’agissait là de la meilleure blague qu’il ait jamais entendu.

– Ton honnêteté te perdra, petit. Les voler te serait revenu moins cher.

Beaucoup moins cher en effet…

Champ d’astéroïde Alpha, 15h

Dans l’espace, vous entend-on pleurer ? Amaric n’en savait rien, pourtant lors qu’il contemplait le désert qu’était devenue sa salle aux trésors, il espérait que non. Toutes les machines avaient disparu, emporté par la tornade Vares, pour remboursement de la dette prévue dans le contrat. Amaric se retrouvait avec une cargaison pourrie à l’odeur discutable et une pièce vide, lui qui avait tout fait pour la remplir de toutes les machines qu’il pouvait. Une pour chaque planète découverte et habitée, parfois deux ou trois dans le meilleur des cas. Jusqu’à ce qu’il tombe sur Nébusta, une planète étrange, où la forme de vie principale était une sorte de plante aux formes presque humaines. Devant sa folie face à l’absence de toute machine qui ne soit ni organique ni indéplaçable, l’autochtone lui avait parlé d’une forêt magnifique, faite des plus grandes créatures du monde, mi-machine, mi-organique, d’après ce qu’Amaric avait vaguement compris. Puisqu’il s’agissait d’un monde floral, l’être a tout naturellement appeler cette forêt la « Forêt des fleurs blanches et métalliques ». D’après les traductions approximatives qu’Amaric avait pu établir. Un endroit de rêve qu’il n’aspirait qu’à atteindre pour découvrir de nouvelles inventions extraordinaires.

De la débandade de son échec, il lui en restait cependant une ou deux, greffé directement sur lui en hommage à son amour de ces engins fascinants aux propriétés folles, selon les civilisations qui les avait créées. Par exemple, sa main possédait deux doigts mécaniques, fait de rouages cuivrés. En les remontant avec une petite clé, il pouvait s’en servir comme d’une petite arme à un coup. Sur son ventre, il avait posé lui-même, avec quelques douleurs, un petit dispositif permettant d’évaluer en direct sa santé. Mais le mieux, et le pire à la fois, c’était le traducteur qu’il s’était greffé derrière l’oreille. Une petite machine intelligente, apparemment, qui lui traduisait plus d’un millier de dialectes différents. Avec ça, il allait pouvoir étendre son business, récolter pleins d’argent et pouvoir en acheter d’autres, des machines manquantes à sa collection.

Sauf que personne ne lui avait dit que cette petite chose serait sa pire ennemie, la machine maudite. Son attrait pour l’extraordinaire et pour les engins exceptionnels lui avait permis de trouver un prototype d’un genre nouveau : mi-traducteur, mi-sérum de vérité. Impossible pour lui de mentir. Devenu la tentative de contrebandier le plus honnête de l’univers connu, il en était devenu le plus inutile. Adieu quête de l’excellence, adieu chasse aux trésors géante. Adieu forêt aux mystères.

Les turbulences du vaisseau tirèrent Amaric de ses constatations défaitistes. Il lui fallait retourner au poste de commande, sortir aussi bien de la torpeur de son esprit que de ce champ d’astéroïdes dans lequel il commençait à souhaiter s’écraser définitivement. Ne pas céder au désespoir. Rien de constructif à ça. Surtout pour un fan de machine et de mécanique !

Droite, gauche, droite et droite encore. Les pierres célestes passent leur chemin sans trop faire attention au vaisseau. La propulsion, très faible pour pouvoir négocier les virages au mieux et éviter les surprises, faisait vibrer l’habitacle, plus conçu pour la vitesse. Observant avec assiduité son environnement, Amaric commença à croire à sa chance. Une fois, deux fois, trois fois même, un éclair blanc passa à la périphérie de son champ de vision. A la quatrième, il tenta d’observer mieux, de comprendre ce qu’il pouvait bien être en train de voir passer. Des débris d’acier passèrent, des formes construites, plus élaborées ensuite. Un vaisseau se serait-il abimer dans cette tempête nonchalante de pierres ? Probablement.

Puis l’éclair blanc encore. La surprise de capter une forme vaguement ronde et la compréhension. Non, Amaric ne devenait pas fou. Le blanc provenait d’une peinture, d’une forme de logo peint sur certaines des pièces détachées qui faisaient irruption dans son champ de vision. Il fallait cependant qu’il s’extraie d’ici s’il ne voulait pas finir comme ce pauvre vaisseau…

Sauf qu’il ne s’agissait pas d’un astronef. Bientôt, derrière un astéroïde esquivé de justesse, apparut la forme caractéristique d’une Krépticidre, une machine d’une obscure petite planète pour distiller un alcool plutôt savoureux. Accompagnée d’un immense Compacteur, les deux machines dérivaient dans l’espace. Toutes deux étaient frappées d’un immense logo blanc.

Amaric ralentit son vaisseau, pour observer les alentours. La chance serait-elle en train de tourner ? Ces beaux spécimens de machines étaient-ils fonctionnels ? Il fallait qu’il vérifie !

L’excitation monta de quelques degrés supplémentaires lorsqu’une autre machine, plus petite, apparut derrière le Compacteur. Une Hygromise ! Presque introuvable, cet engin pouvait prédire le temps et la destination d’un vaisseau grâce à la position des astres. Une vraie rareté ! Mais elle aussi était frappée de ce logo blanc, qu’Amaric avait encore du mal à distinguer.

Où donc se trouvait-il ? Au paradis ? Il était mort, c’est ça ? Sous les coups du chagrin ou de Vares pour sa mission lamentablement échouée ?

Il s’approcha encore, jusqu’à distinguer le symbole. Une immense fleur blanche, à la forme simple, presque caractéristique, lui rappelant les pâquerettes de son enfance sur Terre. Il y en avait un véritable champ… une vraie forêt…

Une Forêt de fleurs blanches et métalliques…

Quel nouvelle avez-vous préféré ?

A propos de Mourad

Mourad
Participe au comité de lecture d'AOC (qui a dit pas régulièrement ?) et donne des coups de main sur le site ou sur tout un tas d'autres sujets (qui a dit c'est trop vague ?).

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Un commentaire

  1. Rigolo car aucun des textes n’est allé dans la direction à laquelle je m’attendais !

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