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Un Français parmi les 100 derniers candidats au projet Mars One

Un Français sur Mars en 2025 ?

SJeremy-Saget-mars-oneur plus de 200 000 postulants à la conquête de Mars, après la deuxième étape de sélection, il ne reste plus que 100 candidats au voyage vers Mars (50 femmes et 50 hommes). Dont seulement deux Français sur la liste des passagers potentiels de Mars One, la fondation néerlandaise à but non lucratif qui projette d’envoyer des humains coloniser la planète rouge dès 2024. Sans billet de retour.

« Cela fait un plaisir immense. C’est le rêve qui se frotte à la réalité. Maintenant, il reste beaucoup de travail à faire », commente l’un des deux Français encore en lice, Jérémy Saget, médecin généraliste de 37 ans qui vit à Bordeaux (Gironde), dans un article publié par Sud-Ouest et dans l’émission « La Tête au carré » présentée par Mathieu Vidard sur France Inter lundi 16 février 2015 (thème « Disparaître de soi »). Beaucoup de travail, en effet, car selon le communiqué de Mars One, les prochaines étapes de la sélection serviront à tester le comportement des candidats au sein d’une équipe. « Être l’un des meilleurs candidats en individuel ne fait pas automatiquement de lui meilleur en équipe. Je meurs d’envie de voir comment ils vont progresser en faisant face aux défis à venir», annonce le Dr Norbert Kraft dans le communiqué de Mars One. Norbert Kraft est celui qui dirige la sélection pour la fondation néerlandaise. Il a travaillé plus de quinze ans pour la Nasa, et ensuite pour l’agence spatiale japonaise.

Florence-Porcel-Mars-OneDans l’émission de France Inter, une autre invitée, Florence Porcel, journaliste et bloggeuse, qui n’a pas réussi à se qualifier pour la troisième étape, alors qu’elle revient tout juste d’une session de simulation dans le désert de l’Utah. Bien que déçue, évidemment, cette passionnée fait l’éloge de cette très belle aventure qu’elle a vécue à fond, avant d’ajouter qu’elle n’a pas renoncé à partir un jour.

« Ma génération sera celle de l’exploration spatiale »

À la fin du processus de sélection de Mars One, dont la prochaine étape sera filmée pour financer l’opération, façon « télé-réalité », il ne restera plus que six groupes de quatre astronautes destinés à s’envoler pour un voyage d’une durée prévue d’un an, mais sans retour. C’est d’ailleurs ce qui est le plus difficile à admettre pour certains, dont Philippe Henarejos, journaliste scientifique et rédacteur en chef de la revue Ciel et Espace également invité par Mathieu Vidard. Mais quand il affirme que ce projet, « c’est un peu comment aller mourir sur Mars », Florence Porcel lui répond de sa voix douce, qu’ « on mourra sur Terre aussi ». Et si l’on considère que cette expédition est trop définitive, elle répond que nous faisons constamment d’autres choix tout aussi décisifs, comme faire un enfant, et qu’aux siècles passés, aller en Australie était aussi un voyage sans retour.

Néanmoins, il est vrai que le voyage vers Mars pose d’énormes problèmes, qui font douter de la viabilité de Mars One, à commencer par la question du financement, car il s’agit là d’un investissement colossal. Et l’on voit mal comment une simple émission de télé-réalité pourrait apporter les fonds nécessaires. Bref, Philippe Henarejos ne croit pas que les candidats de Mars One iront un jour sur la planète rouge, pour lui ce n’est pas réaliste. Toutefois, ce projet apporte un souffle épique à la conquête spatiale qui, il faut bien le dire, semblait avoir été un peu enterrée depuis les années 80. Et si le journaliste de Ciel et Espace confond exploration spatiale et colonisation spatiale, il a raison de souligner qu’au XIXe s., en Australie, les conditions nécessaires à la vie étaient réunies, ce qui n’est pas précisément le cas sur Mars, qui n’a même pas d’atmosphère respirable.

Jérémy Saget, ce médecin de famille spécialisé en médecine astronautique, a bien conscience de la complexité de l’entreprise. Pour partir, il devra convaincre les organisateurs et ses proches qu’il veut vraiment tout abandonner. « J’ai depuis longtemps cette conviction que ma génération sera celle de l’exploration spatiale, explique-t-il à Sud-Ouest. Je suis un mari et un père aimant. Mais je ne renonce pas à ce qui me définit. Ma famille le sait. Je les aime et – d’une manière ou d’une autre – je serai toujours là pour eux. » Et d’ajouter au téléphone pour les auditeurs de France Inter que le rêve d’aller dans l’espace le porte depuis qu’il a cinq ans, que c’est ce qui le fait vibrer. On devine à sa voix vibrante toute l’émotion et les tensions que cette aventure doit susciter parmi les siens.

Pour ceux qui voudraient rester dans l’ambiance, une petite suggestion de lecture : Seul sur Mars, d’Andy Weir, Bragelonne, 2014.

 

Article repris sur celui de Christophe Quelais pour 20 Minutes.fr, et fortement enrichi.

A propos de François

François
Infatigable, inaltérable, François est responsable des ateliers d’écriture du Club Présences d’Esprits depuis 1998. Ses relations privilégiées avec les auteurs lui permettent de parfaitement connaitre cet univers. Il a aussi commis et participé à quelques anthologies dont le Club n'est pas peu fier, et se retrouve régulièrement de l'autre côté avec quelques nouvelles publiées.

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