« Thuvia, vierge de Mars, le cycle de Mars-4 » d’Edgar Rice Burroughs

Princesse de la cité de Ptarth, fidèle alliée d’Hélium, Thuvia a été promise au Jeddak Khulan Tith de Kaol. Mais sa beauté a déjà fait chavirer le cœur de plus d’un prince de la planète rouge. Parmi ces derniers, Carthoris, fils de John Carter et de Dejah Thoris, n’est pas le moins ardent. Aussi, lorsque Thuvia disparaît, enlevé par de mystérieux ravisseurs, tous les soupçons se portent sur lui. Un tel acte risque de mettre à mal les fragiles alliances liant les principales cités martiennes. La paix obtenue de haute lutte pourrait alors céder place à une guerre sans pitié comme celles qui ravageaient Barsoom avant l’arrivée de John Carter.

Quatrième roman du Cycle de Mars, Thuvia, vierge de Mars délaisse les emblématiques personnages de John Carter et de Dejah Thoris, pour donner la vedette à leur fils, Carthoris, et à une autre princesse, Thuvia, déjà croisée dans les pages des deuxième et troisième tomes, Les Dieux de Mars et Le Seigneur de la Guerre de Mars.

Cela permet à Edgar Rice Burroughs d’explorer de nouveaux aspects de la vie martienne et de quelques territoires encore inconnus de la planète rouge. Ainsi, lancé à la poursuite de Thuvia et de ses ravisseurs, Carthoris découvre-t-il la cité perdue de Lothar, où des Martiens à la peau claire, assaillis par des Martiens verts, pensent être les derniers représentants de la civilisation. Edgar Rice Burroughs dote ces exilés de pouvoirs mentaux qui pourraient en faire les égaux des dieux s’ils ne sombraient pas dans la folie à cause de leur isolement et de leur repli sur eux-mêmes. Moins furieux et moins endiablé que les tomes précédents, qui privilégiaient la découverte de la planète rouge et l’action guerrière, Thuvia, vierge de Mars prend le temps de développer les liens existants entre ses deux personnages principaux, Carthoris et Thuvia.

Le roman s’intéresse également aux complots qui risquent de ranimer la flamme de la guerre entre les cités martiennes d’Hélium, Ptarth, Kaol et Dusar. Même s’il est beaucoup moins charismatique que son père, Carthoris passe, au fil des pages, du statut de prince héritier un brin imbu de lui-même à celui de guerrier courageux prêt à tout pour sauver celle qu’il aime et, accessoirement, préserver la paix sur la planète Mars. Publié sous forme de feuilleton dans le magazine All-Story Weekly en 1916, Thuvia, vierge de Mars en a les qualités, à savoir une histoire pleine de rebondissements afin de conserver l’intérêt du lecteur de semaine en semaine. Le plus gros défaut de ce type de publications est qu’il engendre quelques répétitions lorsque l’ensemble des épisodes se trouve enfin réuni. Les aventures de Thuvia et de Carthoris ont ainsi été publiées en un volume par A.C. McClurg & Co. en 1920, aux États-Unis. Ce n’est cependant qu’en 1971 qu’Édition Spéciale en a proposé une version française signée Anne Villelaur, sous une couverture de Philippe Druillet.

Cette nouvelle édition française de Thuvia, vierge de Mars reprend la traduction de Charles-Noël Martin déjà utilisée pour la collection Épées et dragons d’Albin Michel en 1989, pour l’intégrale rééditée par Lefrancq en 1994 et par Omnibus en 2012. Cent ans après sa première parution, Thuvia, vierge de Mars reste une lecture agréable, car l’écriture d’Edgar Rice Burroughs a gardé toute sa magie, une certaine naïveté bien sympathique et un réel pouvoir de dépaysement.

Chronique de Philippe ‘1495’ Paygnard

Nous en pensons

Notre avis

3,5

Cent ans après sa première parution, Thuvia, vierge de Mars reste une lecture agréable, car l’écriture d’Edgar Rice Burroughs a gardé toute sa magie, une certaine naïveté bien sympathique et un réel pouvoir de dépaysement.

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A propos de Christian

Christian
L'homme dans la cale, le grand coordinateur, l'homme de l'ombre, le chef d'orchestre, l'inébranlable, l'infatigable, le pilier. Tant d'adjectifs qui se bousculent pour esquisser le portrait de celui dont on retrouve la patte partout au Club. Accessoirement, le maître incontesté du barbecue d'agneau :)

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