« PAX AMERICANA » de Roland C. Wagner

Au rayon des farces et attrapes de la SF, Pax Americana ne volerait pas sa place. De quoi s’agit-il ?

D’une novella. Moins de cent pages pour bâtir une intrigue solide avec des personnages consistants. Sans oublier un enjeu, des rebondissements et une fin en forme de chute. Une sorte de défi en somme. Qu’en fait Roland C. Wagner ?

Aux alentours de 2050, nos craintes se sont réalisées : l’effet de serre est manifeste avec ses palmiers au lieu de marronniers le long des boulevards parisiens, la crise énergétique a entraîné la quasi disparition des voitures et l’utilisation d’ordinateurs à pédales. Les Chinois ont commencé à coloniser Mars et les Zu’ssi (Américains) ont instauré ici-bas la Pax Americana, autrement dit un état de paix globale maintenu par la guerre permanente et qui a permis aux Zu’ssi de réquisitionner la majeure partie des stocks mondiaux de pétrole brut. Grâce à cette manœuvre ils ont pu conserver leur niveau de vie d’antan, celui d’une époque où le pétrole abondait encore. Peu importe d’ailleurs que d’autres continents s’enfoncent dans une misère crasse. Mais voilà, l’empire américain, représenté par son président latino La Verda, prend conscience que lui aussi pourrait bien s’effondrer un de ces jours prochains s’il ne révise pas sa politique énergétique. C’est pourquoi La Verda se rend en Europe, continent qui a su s’adapter aux restrictions énergétiques et qui mérite autre chose que du mépris. La Verda aimerait convaincre les Européens de l’intérêt d’une coopération bilatérale. C’est à Paris que se déroulera la rencontre au sommet, mais le bruit court qu’un groupuscule très organisé fomenterait un attentat contre l’Américain.

Si le sujet relève de la politique fiction à consonance actuelle grave, le ton adopté par C. Wagner est plutôt humoristique voire farcesque. Le terrorisme relève du burlesque et les activistes sont de gentils jeunes gens plus épris de virtuel que de revendications idéologiques. Rien de bien méchant au final si ce n’est l’impression que 2050 ressemblera beaucoup à 2006. Ni Cyberpunk, ni dystopique, la novella de C. Wagner évoque une situation grave sans gravité, très à la mode de nos jours dans la médiatisation globale de tout discours, de toute information ou de tout récit.

Il n’empêche, c’est un texte efficace, sans temps mort ; même s’il est sans originalité. Pas de fioritures ni poésie, ni profondeur ; la novella ne le permet guère d’ailleurs. Et le récit qui est à peu de choses près une transposition de la situation actuelle du monde, nous emporte à grande vitesse vers une fin aussi inattendue que potache. Tout est bien qui finit bien.

Il y a de quoi rire et, mieux peut-être, savoir prendre la distance qu’autorise l’humour devant les innombrables menaces qui se pressent aux portes de notre avenir proche. Pax Americana est léger en effet, et se moque des Pythies alarmistes qui annoncent des apocalypses pour servir des intérêts occultes. On ne s’ennuie pas à la lecture de ce texte qui par sa brièveté accompagnera très bien un voyageur au cours d’un aller simple en TGV. Nous n’avons rien à craindre de l’avenir et si vous êtes toujours là en 2050 vous aurez tout loisir de vérifier ou d’invalider nombre d’affirmations annoncées dans ce livre. Livre à lire et à conserver donc !

 

Chronique de ChrisA, ‘1409’

Éditeur Éditions Rocher
Auteur Roland C. Wagner
Pages  91
Prix 9,90€

Nous en pensons ...

Notre avis

4.8

Nous emporte à grande vitesse vers une fin aussi inattendue que potache.

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A propos de Richard

Richard
"Ça mériterait un bon coup de pinceau" que j'ai eu la folie de dire. "Tiens voila les clés" fut leur réponse. Voila comment on se retrouve webmaster chez PdE...

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