« Les oubliés d’Ushtâr » d’Emilie Querbalec

Confins de la galaxie. Ushtâr, la planète océan, abrite une civilisation très ancienne qui détiendrait l’ArmeVie, une arme d’une puissance incommensurable. Mais existe-t-elle réellement ou n’est-ce qu’une légende ?

Sur cette planète, un principe de transmission millénaire perpétue un modèle social utopique, qui va se trouver bouleversé par la guerre. Les tenants du système patriarcal et autoritaire d’Albâr envahissent Ushtâr, à la recherche de l’Arme-Vie.

Les Infants, gardiens de la Gemme de Vie dépositaire de la mémoire du peuple Ushtârien, sont évacués. Mais rien ne se déroule comme prévu et la jeune Gul-Yan se retrouve dans les basfonds de la cité. L’Infante y découvre le revers de la société policée dans laquelle elle a grandi et tente d’échapper à ceux qui la traquent.

L’Arme-Vie attise toutes les passions ; les puissants n’hésiteront pas à lancer les Nadjams, des soldats programmés pour obéir et tuer, aux trousses de l’adolescente. Les Oubliés d’Ushtâr est un gros roman, à la densité impressionnante. Pas de temps morts, pas de dilution d’intrigue, pas d’ennui en vue. L’univers créé par l’auteure est remarquable de complexité et d’originalité.

Les Albâriens sont incroyablement misogynes (jusqu’à faire grandir leurs élites dans des utérus artificiels pour qu’ils ne soient pas « contaminés » par l’élément femelle), mais ont développé une technologie très évoluée et sont des esthètes convaincus ; les Ushtâriens sont des intellectuels raffinés, sophistiqués, dont la société est basée sur de grands et beaux principes, mais qui ferment les yeux sur leurs bas-fonds laissés à l’abandon, où la population vit d’expédients, au milieu des gangs de rue.

Manipulations, trahisons et stratégies sont au cœur du récit, qui avance tambour battant. Le revers de la médaille ? Sans doute un peu trop dense et riche pour un one-shot. On a l’impression de seulement effleurer ces cultures et le lecteur a très envie d’en savoir plus sur la façon dont elles se sont construites, croisées, séparées…

Sans compter des personnages secondaires un brin survolés et au destin laissé un peu de côté. Le Nadjam Joon One est particulièrement intéressant et plein de subtilité. Les « méchants » (et les machiavéliques) sont d’ailleurs tous assez torturés pour retenir l’attention. Les jeunes Gul-Yan et Ilânn sont sans doute plus conventionnels, mais s’avèrent au final assez attachants.

Et ne boudons pas le plaisir d’un premier rôle féminin ! Quête initiatique, roman d’apprentissage, roman d’aventures, planète op’, Les Oubliés d’Ushtâr offre un récit de SF original, servi par la très belle écriture d’Émilie Querbalec, toute en descriptions précises et en fluidité, malgré la complexité de l’ensemble. Notons au passage que l’auteure est la gagnante du concours Visions du futur 2018 (nouvelle publiée dans l’AOC no 50) !

Chronique de Sylvie ‘822’ Gagnère

Nous en pensons

Notre avis

3,9

Les Oubliés d’Ushtâr est un gros roman, à la densité impressionnante. Pas de temps morts, pas de dilution d’intrigue, pas d’ennui en vue. L’univers créé par l’auteure est remarquable de complexité et d’originalité. Le revers de la médaille ? Sans doute un peu trop dense et riche pour un one-shot. On a l’impression de seulement effleurer ces cultures et le lecteur a très envie d’en savoir plus sur la façon dont elles se sont construites, croisées, séparées…Et ne boudons pas le plaisir d’un premier rôle féminin ! Quête initiatique, roman d’apprentissage, roman d’aventures, planète op’, Les Oubliés d’Ushtâr offre un récit de SF original, servi par la très belle écriture d’Émilie Querbalec, toute en descriptions précises et en fluidité, malgré la complexité de l’ensemble.

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A propos de Christian

Christian
L'homme dans la cale, le grand coordinateur, l'homme de l'ombre, le chef d'orchestre, l'inébranlable, l'infatigable, le pilier. Tant d'adjectifs qui se bousculent pour esquisser le portrait de celui dont on retrouve la patte partout au Club. Accessoirement, le maître incontesté du barbecue d'agneau :)

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