« Le manuscrit de Grenade » de Marianne Leconte

Il est bon en ces temps de haine de relire un récit où des représentants des trois religions monothéistes se lient d’amitié et unissent leurs pouvoirs contre le mal dans le cadre d’une Andalousie alternative, où la chute de Grenade en 1492 ne serait pas inévitable. Représentantes plutôt, car le sexe prétendu faible joue un rôle déterminant, à travers les trois protagonistes, Yasmine la musulmane, Isabelle la chrétienne et Myrin la juive, assistées d’hommes de bonne volonté, comme Pedro le converso, rejeté à la fois par les musulmans et les chrétiens !

Au départ, chacune des trois filles fuit la haine et l’intolérance. Isabelle et Myrin, celles de l’Inquisition, qui non seulement interdit à la première d’hériter, mais prétend l’enfermer au couvent parce qu’elle n’a jamais eu ses règles, ce qui fait d’elle un monstre et qui pourchasse en Myrin l’héritière de sa mère, une guérisseuse dévouée qualifiée de sorcière, qui lui a légué une bague, des pouvoirs, et un message énigmatique. Yasmine, elle, fuit son père qui l’a condamnée à mort pour n’avoir pas dénoncé les amours interdites de ses sœurs avec deux chevaliers chrétiens.

L’uchronie permet à Marianne Leconte d’introduire dans son récit le fantastique. Isabelle et Yasmine ont comme Myrin des pouvoirs, et ce ne sera pas entre deux armées, mais contre un nécromant maléfique et sa complice, la mère du sultan Boabdil de Grenade, que la bataille essentielle se déroulera. Car les trois filles vont se retrouver des pions, ou plutôt des pièces maîtresses, sur un échiquier beaucoup plus vaste qu’elles ne le croyaient : c’est le destin de toute l’Andalousie qui est en jeu.

Le récit va bon train, on ne s’ennuie pas une seconde, les méchants sont haïssables et les bons sympathiques à souhait, le cadre médiéval espagnol donne à rêver. Pourtant on referme le livre, il faut l’avouer, sur un sentiment de légère déception, avec l’impression que ni les situations, ni le cadre, ni les personnages n’ont été approfondis et que le dénouement, ingénieux, est un peu hâtif quand même. Bref, que ce roman s’adresse plutôt à la catégorie adolescents ou jeunes adultes qu’à des lecteurs de fantasy aguerris. Mais dans ces limites, il s’avère réussi, et, répétons le, très agréable à lire.

Chronique de Marthe ‘1389’ Machorowski

Nous en pensons

Notre avis

3,0

Le récit va bon train, on ne s’ennuie pas une seconde, les méchants sont haïssables et les bons sympathiques à souhait, le cadre médiéval espagnol donne à rêver. Pourtant on referme le livre, il faut l’avouer, sur un sentiment de légère déception, avec l’impression que ni les situations, ni le cadre, ni les personnages n’ont été approfondis et que le dénouement, ingénieux, est un peu hâtif quand même. Bref, que ce roman s’adresse plutôt à la catégorie adolescents ou jeunes adultes qu’à des lecteurs de fantasy aguerris. Mais dans ces limites, il s’avère réussi, et, répétons le, très agréable à lire.

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A propos de Christian

Christian
L'homme dans la cale, le grand coordinateur, l'homme de l'ombre, le chef d'orchestre, l'inébranlable, l'infatigable, le pilier. Tant d'adjectifs qui se bousculent pour esquisser le portrait de celui dont on retrouve la patte partout au Club. Accessoirement, le maître incontesté du barbecue d'agneau :)

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