Accueil » Chroniques de livres » Galaxies – Mercury n°33/75

Galaxies – Mercury n°33/75

La politique pointe le bout de sa plume dans ce numéro 33/75 avec un dossier consacré à la SF et aux totalitarismes.

Entamons bien sûr cette lecture par les nouvelles, au nombre de six, car le dossier, non consacré à un auteur, à un genre ou à un pays, n’en contient pas.

Le dossier Julian Prince de Jake Kerr est une histoire apocalyptique dont l’originalité principale tient à sa forme : il s’agit d’articles extraits de « Wikipédia, l’encyclopédie en libre accès » et d’extraits de textes du journaliste Julian Prince. Surprenant et bien construit.

Les anneaux de Vénus de Jean-Louis Trudel susurre la terrible histoire d’un Lincoln vivant dans un monde totalitaire. Angoissant.

La Désillusion de Jean-Paul Dekiss se joue aussi des conventions habituelles d’écriture pour nous plonger dans une réalité autre. Par des phrases sans fin ni ponctuation, des dialogues non balisés, Dekiss nous fait ressentir ce passage subtil de la désillusion subie par ses personnages. Émotionnant.

Yôkai A 1 vous souhaite la bienvenue de Gulzar Joby conte, non sans un humour très noir, la nouvelle vie d’une sorte de mort-vivant pas si mort sans avoir été vraiment vivant ! Inquiétant.

Time Out de Connie Willis est une novella d’une quarantaine de pages évoquant, avec un soupçon de nostalgie, une idée de voyage dans le temps fondée sur le sentiment de « déjà vu ». Sympathique.

Un avenir si prévisible de Deborah Walker est au contraire une courte histoire de deux pages et demi posant la question des déboires sentimentaux d’un être doué de précognition. Triste (dans le sens mélo, mais c’est « amusant ») !

Très différents, ces six excellents textes introduisent à leur manière les contraintes terribles imposées par les gouvernements totalitaristes évoqués dans le dossier conduit par Patrice Lajoye. Les univers soviétiques puis russes, roumains, nazis, vichyssois et fascistes sont passés au crible par des auteurs visiblement concernés par leur sujet. Sujet rarement abordé de front. Le plus formidable est bien qu’une lueur de résistance parvient toujours à fleurir au sein même de la lie totalitaire. L’imagination ne peut être totalement vaincue. Passionnant.

La partie magazine est essentiellement consacrée aux notes de lectures, BD comprises, et le coin du bouquineur révèle que le roman Le Rayon de l’Amour (1924) d’Antonin Seuhl s’intitulait initialement La Grève des Machines (1924).

Un numéro extrêmement fourni, fourmillant de très bons textes : à ne pas manquer.

Notons que dans un feuillet inséré, Pierre Gévart (le rédac’ chef) évoque l’affaire Charlie et rend hommage à Michel Jeury auquel le prochain Galaxies consacrera un dossier.

Note :

  1. idéogramme spécial non reproductible employé par l’auteur

Nous en pensons ...

Notre avis

4.5

Un numéro extrêmement fourni, fourmillant de très bons textes : à ne pas manquer. Notons que dans un feuillet inséré, Pierre Gévart (le rédac' chef) évoque l’affaire Charlie et rend hommage à Michel Jeury auquel le prochain Galaxies consacrera un dossier.

User Rating: Be the first one !

A propos de vincent

vincent
Tout autant amateur de SF que de Bourrée (3temps !), de Fantastique que de Violon, Vincent lit (comme on fait son) et visionne pour PdE avec un plaisir non dissimulé !

Consulter aussi...

Pénombres n°6 : « Mondes virtuels, monde réel » – Association Transition

Alors que les cinq premiers numéros du fanzine Pénombres étaient imprimés, ce numéro 6 se …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.