
Editions Mnémos
270 p. – 22 €

Dans les contes de fées lorsque la quête se termine bien, le héros voit ses rêves et espoirs se réaliser grâce à la formule consacrée « Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup denfants » comme si les auteurs navaient plus rien à dire après les aventures du personnage principal. Avec Le Fils de nulle part, Sean Stewart a décidé de démarrer son récit à la fin de lhistoire en lenrichissant dun réalisme psychologique par le dialogue interne du héros Mark Bouclier lorsquil est confronté aux difficultés des différentes situations vécues.
Depuis un millénaire, le Bois des Spectres est considéré comme un lieu maudit. Une antique malédiction pesant sur le Donjon rouge a attiré des héros successifs en quête de gloire, de renommée et dune récompense sans limites attribuée par le roi de Swangard à qui lèverait le maléfice.
Mark, que son père a abandonné, est seul au monde depuis le décès de sa mère, cela explique quau long de ses années il a appris à se battre contre le sort, les adversités diverses, à ruser et à trouver des solutions pour accomplir les tâches qui lui permettent de survivre. Un jour Mark décide daffronter le Bois des Spectres malgré sa condition de paysan, autrement dit de rustre et de va nus-pieds. Heureusement, il est très têtu et il a de nombreux rêves à réaliser.
Dans le premier chapitre, lauteur nous fait accompagner Mark durant son incroyable exploit et dès le second, le voilà venu réclamer son prix. La dure réalité efface la féerie, car notre héros est méprisé par les nobles qui devraient au contraire le remercier. Le roi le premier refuse un temps de tenir la parole de ses ancêtres, en doutant que le « rustre » ait pu réussir là où les plus preux chevaliers du royaume avaient échoué. Notre paysan héros fait lamère expérience dun univers dont il ignore les règles et il devra les affronter avec le même courage que le Donjon rouge du Bois des Spectres. Le fils de nulle part est un bon récit qui sait fouiller lâme des adolescents en quête de devenir. Lauteur nous fait suivre la lente maturation du grand garçon qui devient un homme tout en exorcisant le souvenir douloureux dun père qui la abandonné.
Un grand bémol concernant les éditions Mnémos qui affublent notre héros de plusieurs noms : « Mark Bouclier, Mark Lebouclier, Mark Forgeron ; le duché de Hautesylve qui est tout dabord deux fois Hautes Cimes, le Roi Spectre qui passe par Hedrod et Hérold ainsi que les noms de princesse Gail devenus Fail. Dommage pour ces nombreuses erreurs !
Denis ‘1424’ Belloy
